La Gear S2 bientôt compatible iOS

Mickaël Bazoge |

La Gear S2 de Samsung sera bientôt compatible iOS. Ce n’est pas un scoop : début janvier, le constructeur annonçait la sortie prochaine de l’app Gear Manager pour l’iPhone. Cette application devrait être disponible d’ici la fin du mois de mars.

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On ignore si les fonctions de la déclinaison iOS seront similaires à la version pour Android. Il est cependant probable que ce ne soit pas le cas, comme on l’a vu avec Android Wear qui a le mérite d’exister sur la plateforme mobile d’Apple (lire : Prise en main d'Android Wear sur iOS).

Pour d’autres fonctions liées intimement à Samsung (comme Samsung Pay), elles ne seront pas au rendez-vous de l’application Gear Manager. Quoi qu’il en soit, ce sera une bonne nouvelle pour les utilisateurs d’iPhone, qui vont gagner là une nouvelle option pour une montre connectée.

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Google Glass : l'édition Enterprise à l'encan

Mickaël Bazoge |

Le développement de la nouvelle génération du module de réalité augmentée Glass se poursuit chez Google, dans le plus grand secret. Enfin presque… Une enchère sur eBay (qui provient d’un mont-de-piété san-franciscain) propose de s’équiper d’un modèle tout à fait original de l’appareil : l’Enterprise Edition. Cette variante est dans les labos de Google depuis quelque temps et visiblement, des prototypes sont depuis peu dans la nature… même si le moteur de recherche n’a jamais confirmé l’existence d’un tel produit.

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Cette mouture se veut plus robuste que la première génération de l’appareil, avec la possibilité de plier la monture. Une LED prévient lorsque l’appareil photo est en marche ; parmi les caractéristiques de ce modèle, on trouve un processeur Atom, une meilleure autonomie et gestion de la chaleur du processeur, une connectivité réseau améliorée avec le support de la bande 5 GHz, une plus grande résistance aux liquides.

9to5Google, qui a repéré l’enchère, indique aussi que Google a planché sur une batterie externe que personne n’a encore vue. L’accessoire se branche au module Glass grâce à des aimants. D’autres périphériques sont en développement, dont un dock. Le projet Glass, qui porte le nom de projet Aura, est entre les mains de Tony Fadell.

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Les enchères vont bon train : on en est actuellement à la somme vertigineuse de 7 200 $ (!). Si vous êtes intéressé, il reste deux jours pour s’équiper. Vous pouvez aussi attendre encore un peu (lire : La nouvelle génération des Google Glass serait en bonne voie).

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LVMH : après Tag Heuer, Bulgari, Hublot et Zenith connecteront aussi leurs montres

Anthony Nelzin-Santos |
Jean-Claude Biver pensif, quelques minutes avant de donner une interview le 16 mars, à Baselworld.
Jean-Claude Biver pensif, quelques minutes avant de donner une interview le 16 mars, à Baselworld.

Le succès de la Carrera Connected donne des idées à Jean-Claude Biver. Le CEO de Tag Heuer préside aux destinées de la division horlogère de LVMH, qui regroupe des marques telles que Louis Vuitton et Dior ou Hublot et Bulgari. Des marques qui pourraient bien entrer sur le marché de l’horlogerie connectée.

Ce qui ne veut pas dire qu’elles proposeront toutes des montres connectées. Ainsi Hublot se contentera-t-elle d’ajouter « des fonctions connectées à ses montres » d’ici un à deux ans. Biver n’a pas fait monter Hublot en gamme pour abandonner les mouvements mécaniques fourmillant de détails : la marque planche plutôt sur un bracelet ou un boîtier additionnel contenant des puces électroniques.

Zenith pourrait prendre la même direction, mais les choses ne sont pas encore claires — Biver se plaignait récemment de n’avoir le temps de se consacrer pleinement à la stratégie du fabricant du célèbre calibre El Primero. Bulgari a déjà sauté le pas avec sa Diagono Magn@sium, mais uniquement pour le paiement, par le biais d’un partenariat avec WiseKey et MasterCard.

Replacée à l’« entrée de gamme » du groupe, seule Tag Heuer proposera donc de véritables montres connectées. Dès cette année, la marque devrait présenter une demi-douzaine de nouveaux modèles, multipliant les coloris et les matériaux grâce à la construction modulaire de la boîte de la nouvelle Carrera. L’an prochain, elle multipliera aussi les tailles, de manière à établir une collection Carrera Connected complète.

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De Grisogono met du bling sur la Samsung Gear S2

Anthony Nelzin-Santos |

Vous trouvez l’Apple Watch Edition un peu vulgaire ? Peut-être que la « Samsung Gear S2 by De Grisogono » vous conviendra mieux. Elle n’est certes pas sculptée dans un bloc d’or massif, le joaillier suisse lui ayant préféré l’acier noir, mais elle comporte pas moins de 127 diamants !

La « Samsung Gear S2 by De Grisogono ». Image De Grisogono.
La « Samsung Gear S2 by De Grisogono ». Image De Grisogono.

La lunette rotative en or rose est rehaussée de 56 diamants, et surmontée par deux gardes arborant 14 diamants noirs chacune. Les tranches de la montre, percées de boutons en or rose, sont incrustées de 43 diamants noirs. Le tableau est complété par un bracelet en galuchat — noir, évidemment — à boucle papillon.

Pour référence, une des réalisations de De Grisogono, joaillier à Genève depuis 1993.
Pour référence, une des réalisations de De Grisogono, joaillier à Genève depuis 1993.

Ces cailloux mis à part, on retrouve les composants de n’importe quelle autre Gear S2. Pas de quoi empêcher Younghee Lee, vice-présidente de Samsung en charge du marketing international, d’assurer que « cette alliance de la forme et du fond est inhérente à tous les appareils Samsung », quoi que cela veuille dire.

Image De Grisogono.
Image De Grisogono.

Reste qu’un partenariat avec un joaillier respecté n’est pas la plus mauvaise manière d’attaquer un marché de l’« ultra-luxe » qu’Apple elle-même n’a pas osé effleurer. La montre arbore d’ailleurs les couleurs de De Grisogono, par le biais de cadrans virtuels exclusifs, plutôt que de Samsung.

La « Samsung Gear S2 by De Grisogono » devrait être disponible au début de l’été. Bien sûr, vous ne demanderez pas son prix, ces préoccupations terrestres ne sont pas dignes de vous.

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Interview : la montre connectée, une évidence pour Tag Heuer

Anthony Nelzin-Santos |

De l’aveu même de Jean-Claude Biver, le président de la division horlogère de LVMH, Tag Heuer a été dépassée par le succès de la Carrera Connected. Pourquoi le spécialiste du chronographe s’est lancé sur le marché de la montre connectée ? Qui achète la Carrera Connected ? Les montres connectées concurrencent-elles vraiment les montres traditionnelles ?

Guy Sémon. Image Tag Heuer.

Guy Sémon est l’un des rares à pouvoir répondre à ces questions. Le directeur général de Tag Heuer n’est pas un horloger de formation : officier de l’aéronavale, docteur en mathématiques spécialiste de la mécanique des fluides, il a longtemps travaillé… sur le guidage des missiles. Un parcours atypique qui l’a mené à la R&D de la filiale de LVMH, puis à sa direction.

Un parcours qui a aussi forgé un caractère bien trempé, qui rappelle celui de la « légende » Biver par sa truculence et sa finesse. Autant dire que nous n’avons pas manqué l’occasion de le rencontrer pour un entretien sans langue de bois à la Baselworld 2016.

Six mois après le lancement de la Carrera Connected, la production est toujours le facteur limitant ?

Bien malin qui peut faire des prévisions exactes ! Nous sommes partis du principe que le pire qui pouvait nous arriver, c’était de ne rien vendre. Nous avions prévu un premier lot de 15 000 unités, un chiffre qui peut vous sembler ridicule par rapport à ce que vous avez l’habitude de voir dans l’électronique, mais qui est conséquent pour l’industrie horlogère. Et puis la Carrera Connected a bien marché, et cette quantité s’est avérée insuffisante.

Dans un premier temps, comme nous ne savions pas comment la Carrera Connected allait se vendre, nous n’avons pas pris le risque de construire une usine. Nous nous sommes donc tournés vers un sous-traitant d’Intel, Flextronics, qui a fabriqué les cartes mères des 15 000 montres. D’autres composants proviennent d’Asie, et l’assemblage est effectué en Chine.

Compte tenu du succès de la Carrera Connected, les choses sont maintenant différentes. Le prochain lot est en train d’être fabriqué en Suisse, et nous préparons une nouvelle ligne de production chez Tag Heuer, qui devrait commencer à tourner à partir du mois d’août. Nous sommes bien partis pour fabriquer des quantités très substantielles, nous avons une certaine confiance dans ce marché.

Et donc au fil de l’année, vous allez pouvoir rattraper la demande ?

Pas en totalité, mais en grande partie.

Qui sont les premiers clients de la Carrera Connected ? Des clients historiques de Tag Heuer, de nouveaux venus ?

L’horlogerie suisse est un marché de niche de 28 millions d’unités annuelles, avec une faible croissance. Il n’est pas inintéressant, mais pour croître plus vite que la moyenne du marché, il faut nécessairement piquer des clients aux concurrents. La montre connectée nous offre une possibilité d’aller chercher des clients en dehors du monde de l’horlogerie.

Avec le recul d’une quinzaine de milliers de clients, je peux vous dire que nous vendons majoritairement à des gens qui ne sont pas des clients de l’horlogerie traditionnelle. Ce n’est pas évident non plus, mais la moitié de nos clients utilisent des appareils Apple.

Il n’y perdent pas au change ?

Pour profiter de toutes les fonctions de la Carrera Connected, il vaut mieux avoir un téléphone Android. Mais 80 % des gens n’utilisent rien d’autre que les notifications pour les SMS, les e-mails, les appels téléphoniques. Il n’y en a pas tant que ça qui utilisent Google Fit, ou je ne sais quelles autres applications. Donc un iPhone suffit.

La Carrera Connected est la principale attraction sur le stand de Tag Heuer. Il faut dire que c'est l'une des rares montres que le public peut toucher sur le salon.
La Carrera Connected est la principale attraction sur le stand de Tag Heuer. Il faut dire que c'est l'une des rares montres que le public peut toucher sur le salon.

On a aussi tendance à voir le marché de la montre connectée comme un marché jeune, mais ce n’est pas forcément le cas pour Tag Heuer.

Nous vendons plutôt à des 28-45 ans. C’est un public de « techno-geeks », des gens avec une éducation supérieure, une situation professionnelle… Des gens qui peuvent craquer pour une belle paire de skis, ou un beau canapé, ou le nouveau téléviseur à écran incurvé, ou une montre trendy. Ce ne sont pas forcément des gens qui étaient dans l’univers Tag Heuer jusque-là.

La demande est la même sur des marchés peut-être plus technophiles que le marché européen, comme les États-Unis ?

Aux États-Unis, nous avons lancé la Carrera Connected dans seulement 60 points de vente sur 800. Avec le nouveau lot qui arrive, nous allons ouvrir la distribution, notamment en Europe continentale. Si j’avais eu cinq fois plus de montres à vendre, je pense très honnêtement que je les aurais vendues. Mais c’est facile de faire le malin après coup…

C’est une bonne surprise…

…ce n’est pas vraiment une surprise pour moi. J’ai toujours été de ceux qui sont plutôt optimistes face à ce marché émergent, peut-être parce que je viens de l’univers de la technologie. Le progrès avance, comme une vague, et il n’y a rien pour le freiner. Si vous êtes surfeur, vous surfez sur la vague ; si vous êtes ingénieur, vous construisez une usine marémotrice. Dans tous les cas, vous exploitez la vague. Il y a deux ans et demi, nous avons vu arriver une grande vague californienne, et je peux vous dire que le lac de Neuchâtel va finir salé.

La Carrera Connected utilise Android Wear. L'écran est bien défini et suffisamment large pour permettre une manipulation aisée. Au poignet, la montre est très légère, boîte en titane oblige.
La Carrera Connected utilise Android Wear. L'écran est bien défini et suffisamment large pour permettre une manipulation aisée. Au poignet, la montre est très légère, boîte en titane oblige.

Vous venez du monde de la technologie, mais votre réseau de distributeurs est solidement ancré dans le monde de l’horlogerie. Comment abordent-ils un produit comme la Carrera Connected ?

Ça leur demande un véritable effort. C’est une nouvelle façon d’aborder le produit, ce sont des explications différentes. Nous avons mis en place des programmes de formation assez élaborés qui, pour le moment, ont l’air de plutôt bien fonctionner. Il faut dire que la prise en main de la montre est assez simple, l’appairage Bluetooth n’est pas d’une grande complexité, même pour quelqu’un qui n’est pas geek.

Si c’est un effort, c’est aussi parce que contrairement à d’autres, vous avez préféré concevoir un produit électronique en forme de montre plutôt que d’ajouter de l’électronique à une montre. C’était une évidence ?

Il faut se poser la question : « c’est quoi, une montre connectée ? » Si on dit que la Carrera Connected est une montre, c’est parce qu’on la porte au poignet. Mais à l’intérieur, il y a un ordinateur.

Vous n’achetez pas une montre parce que vous avez besoin de l’heure, vous achetez une montre parce que vous la trouvez belle, parce qu’elle marque un statut, parce qu’elle vient avec une histoire… Vous achetez un ordinateur parce que vous êtes gamer, parce que vous avez besoin d’un traitement de texte, parce que vous voulez surfer sur internet. D’un côté, on a des gens qui vendent des produits sur la base d’une émotion ; de l’autre, on a des gens qui achètent des produits sur la base de leur utilité.

Nous pensons que le plus important dans une montre, c’est ce qui se voit. Nous attaquons par l’esthétique de la boîte, et dedans, nous mettons le top de la technologie.

La Carrera Connected, avec un très seyant bracelet orange.
La Carrera Connected, avec un très seyant bracelet orange.

Dedans, il y a une puce Intel. Ce sont les Américains qui viennent chercher le prestige de l’horlogerie suisse pour rehausser la stature de leurs produits connectés, ou c’est Tag Heuer qui vient chercher les compétences de la Silicon Valley pour les mêler à la tradition suisse ?

Si nous avons choisi Intel, c’est pour la qualité de ses produits. Aucun acteur du monde de l’horlogerie ne maîtrise l’électronique comme eux, donc nous nous devions d’aller chercher leurs compétences. Mais nous apprenons vite à leurs côtés, et nous allons reprendre la fabrication en interne à partir du mois d’août.

L’autre partenaire, pour le logiciel cette fois, c’est Google. Google est déconnectée des utilisateurs de son système d’exploitation, puisque ce sont ses partenaires qui commercialisent les produits sous Android Wear. Est-ce que vous pouvez faire remonter les demandes de vos clients, est-ce que vous avez la possibilité d’influer sur le développement d’Android Wear ?

Intel et Google sont deux partenaires très différents. Intel est un sous-traitant : ils fabriquent du matériel selon des spécifications que nous partageons avec eux. Google est un donneur de licence : nous devons soumettre un device proposal, dans lequel nos spécifications matérielles doivent correspondre à leurs spécifications logicielles, pour obtenir une licence. N’importe qui ne peut pas décider d’utiliser Android Wear, c’est la grande différence avec Android.

Mais l’intérêt de Google, c’est d’avoir la communauté la plus large. Ils nous amènent des choses que nous ne savons pas faire, et nous leur amenons des choses qu’ils ne savent pas faire, nous sommes complémentaires.

Vous avez annoncé il y a quelques jours que vous rééditeriez prochainement l’Autavia, vous venez d’annoncer une nouvelle Monza… et à l’autre bout de la gamme, il y a la Carrera Connected. Comment faites-vous dialoguer la tradition horlogère et l’impératif d’innovation ?

Vous le faites avec le design. Si vous regardez une montre connectée Tag Heuer, vous remarquerez que c’est une Carrera. Elle emprunte son design à la Heuer 01, notre nouvelle génération de chronographe, design que l’on retrouve sur la Heuer 02, notre nouveau tourbillon. Elle est dans la famille, ce n’est pas une pièce rapportée.

Nous sommes fiers de notre histoire, nous avons la chance d’être une ancienne marque. Certains fans de la marque ne sont pas intéressés par la Carrera Connected — ils veulent de la Carrera Replica de 1963, de la Monaco Replica de 1969, de l’Autavia Replica de 1962, et puis de la Monza Replica de 1966. Et donc nous le faisons, parce que nous sommes fiers de tout.

Nous ne faisons pas de montres connectées en disant que les montres mécaniques, c’est fini. Vous verrez qu’encore cette année, nous annoncerons des choses révolutionnaires dans le domaine de la mécanique, au même titre que la connectée.

Ce lien entre la tradition horlogère et l’innovation électronique, c’est aussi la possibilité d’échanger sa montre connectée contre une montre mécanique. Pouvez-vous nous en dire plus sur les modalités de ce programme de trade-in ?

C’est une idée toute simple : nous sommes horlogers, nous ne vendons pas des produits qu’on met à la poubelle. Mais lorsqu’on met un ordinateur dans une montre, on introduit un facteur d’obsolescence. Nous ne savons pas encore bien l’évaluer : trois ans, quatre ans, cinq ans ? Mais ça va arriver. Et le jour où ça arrivera, le client pourra aller en magasin échanger sa montre connectée comme une montre mécanique.

Cette montre a la même forme que la Carrera Connected, et renferme un calibre Swiss made trois aiguilles [NdR : un Calibre 5]. Elle lui coûtera 1 500 dollars, sachant qu’il a déjà payé 1 500 dollars pour sa montre connectée. S’il avait acheté une montre similaire chez Tag Heuer, elle lui aurait coûté 2 800 dollars. Il y a donc un surcoût de 200 dollars, mais dans le même temps, le client a eu une montre connectée.

Nous estimons que nous ne l’aurons pas volé : à lui de voir, ce n’est qu’une option, mais nous tenions à la proposer. Chacun décidera, nous ne savons pas combien de clients le feront. Peut-être 10 %, peut-être plus, nous ne savons pas.

À gauche, la Carrera Connected. À droite, la future Carrera Calibre 5 qui sera proposée aux clients de la Carrera Connected en trade-in.
À gauche, la Carrera Connected. À droite, la future Carrera Calibre 5 qui sera proposée aux clients de la Carrera Connected en trade-in.

Ainsi, le client d’une montre connectée « reviendra », ou « viendra », vers la montre mécanique traditionnelle. Depuis le début de cette édition 2016 de Baselworld, on parle beaucoup de la concurrence que font les montres connectées aux montres mécaniques, notamment dans le segment entre 200 et 1 500 CHF. Est-ce que les montres connectées peuvent grignoter des parts de marchés aux montres mécaniques ?

Évidemment. Ceux qui n’ont pas vu ça sont fous.

Mais il y a des dirigeants qui nous disent et nous répètent que les difficultés qu’a connues l’industrie suisse l’an passé sont uniquement dues au contexte géopolitique et au cours du franc…

Mais comment le savent-ils ?

C’est aussi la question qu’on leur pose !

Comment ils peuvent dire ça ? Je pense l’inverse, parce que je viens de la technologie. J’ai appris à ne pas avoir de certitudes dans ce domaine. J’ai grandi avec Compaq, avec Sun Microsystems, avec Silicon Graphics… Plus aucun n'existe. Ceux qui ont douté du PC dans les années 1980 ne sont plus là aujourd’hui.

La réalité c’est que demain, tous les objets seront connectés. Peut-être que je suis trop optimiste, et que les montres connectées ne connaîtront pas le succès que je leur prédis, mais je préfère être dans le train. Ceux qui n’ont pas pris le train il y a deux ans, et qui soudainement voudront monter dedans… le prix du ticket ne sera plus le même !

Nous sommes une industrie très conservatrice : nous utilisons encore le balancier spiral que Christian Huygens a inventé en 1675 ! C’est pour cette raison que certains voient le progrès d’un mauvais œil. Je ne dis pas que le progrès est positif ou négatif, je dis seulement qu’il faut composer avec. Le jour se lève, vous pouvez fermer les volets, il n’empêche qu’il fait jour.

Un autre cadran virtuel de la Carrera Connected. Depuis peu, Tag Heuer propose aussi des cadrans dédiés à ses « ambassadeurs », comme Christiano Ronaldo ou Kei Nishikori.
Un autre cadran virtuel de la Carrera Connected. Depuis peu, Tag Heuer propose aussi des cadrans dédiés à ses « ambassadeurs », comme Christiano Ronaldo ou Kei Nishikori.

Puisque l’on parle de progrès, et du futur : quel est le futur de la montre connectée chez Tag Heuer ? De nouveaux matériaux, de nouvelles déclinaisons, de nouveaux modèles, de nouvelles fonctions ?

Vous le verrez bientôt, et vous vous direz : « c’est tellement évident, c’est tellement simple ». Nous ferons un pas de plus pour amener du propos horloger dans l’univers de la montre connectée.

Nous ne sommes pas Apple, nous respectons Apple. Nous ne sommes pas LG, nous respectons LG. Nous faisons des métiers différents, et chacun doit faire son métier. Leur métier, c’est de faire des objets électroniques. Notre métier, c’est de faire des montres. À nous de défendre l’horlogerie, d’exploiter les technologies avec une interprétation esthétique et ergonomique suisse.

C’est le défi qui nous fait face, et nous sommes prêts à le relever.

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Monogram Plus affiche des émojis dans les complications de l'Apple Watch

Mickaël Bazoge |

L’air triste, vous soulevez mollement le poignet pour consulter l’heure sur une Apple Watch qui a perdu sa joie de vivre ? Changez de cadran. Et si vous avez fait le tour de ceux d’Apple, il est toujours possible d’afficher de jolies images à la place (avec l’application Facer, par exemple). Ou modifier à l’envi les complications !

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L’app Monogram Plus [2.7 – Français – 0,99 € – iOS 9 - Joseph Goldstein] permet de changer à sa guise l’aspect des complications d’un cadran, en affichant à la place des traditionnelles heure de lever du soleil, cours de Bourse ou calendrier un ou plusieurs émojis, un texte ou encore une image provenant de la galerie de l’iPhone.

Dans l’application, on pourra personnaliser tous les types de complications qu’il est possible de sélectionner dans les cadrans de l’Apple Watch — on gardera à l’esprit que ces derniers ne sont pas nécessairement capables d’afficher toutes les complications possibles, certains en sont même incapables comme l’Album photo, Photo, Accéléré, Solaire, ou Mouvement. En revanche, le cadran Modulaire se prêtera bien à ces excentricités.

Il suffit de choisir la complication Monogramme lors de la personnalisation du cadran. En tapotant sur une complication, on peut en forcer le rafraîchissement — Cliquer pour agrandir

La personnalisation des complications est très simple, il suffit de tapoter sur celle à modifier puis d’entrer son texte (ou des émojis via le clavier idoine). Les complications Petit modulaire, Circulaire et Petit utilitaire permettent quant à eux d’intégrer une image. On n’est pas sûr que cela soit très pratique (ces complications n’ayant aucune autre fonction que d’afficher une image ou un texte), mais au moins c’est une manière de changer un peu le quotidien.

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Montres connectées : un marché qui sera dominé par Apple jusqu'en 2020, au moins

Mickaël Bazoge |

Tout le monde n'est pas encore convaincu par la pertinence des montres connectées, mais qu'à cela ne tienne : le marché est en pleine croissance et Apple est à sa tête. IDC prévoit ainsi une croissance à deux chiffres des volumes de livraison de produits connectés "vestimentaires" entre 2015 et 2020. D'ici la fin de cette année, cette progression aura été de 38,2% par rapport à 2015, tandis qu'IDC estime le nombre de ces objets à 237,1 millions à l'horizon 2020.

Les montres et bracelets connectés représenteront à eux seuls 100 millions d'unités livrées à la fin de l'année, soit près de 30 millions de plus qu'en 2015. Apple et Google (Android Wear) vont tirer leur épingle du jeu en 2016, même s'ils ne représenteront finalement qu'un quart des wearables cette année.

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Dans la seule catégorie des montres connectées, l'Apple Watch est loin devant avec 14 millions d'unités livrées (c'est une estimation) pour 2016, soit 49,4% du marché. Android Wear suit derrière, avec 6 millions de tocantes (21,4%). Notons la bonne forme de Tizen (les Gear de Samsung), avec 3,2 millions d'unités et 11,3% du marché. Les montres RTOS (sous Linux) représentent 5% du secteur avec 1,4 millions d'exemplaires. Pebble tient le choc avec 7% du marché.

D'ici 2020, les positions auront sensiblement évolué puisque Android Wear et watchOS joueront des coudes : 35% pour le premier, 37,6% pour le second. Tizen aura sensiblement réduit sa part de marché (6,6%), alors que les montres sous Linux grignoteraient quelques parts (2,8%). IDC indique aussi qu'il faut s'attendre à voir les horlogers classiques peser de tout leur poids sur le marché avec des montres mêlant connectivité et tradition — on en voit les prémices à Baselworld (lire : Baselworld 2016 : « les montres connectées ne bouleversent pas l’horlogerie suisse »)

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