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AirPods sur la touche : pourquoi les stars du foot renouent avec les écouteurs filaires

Nadim Lefebvre

vendredi 10 juillet à 07:20

Audio

À l’occasion de la Coupe du Monde 2026 de football, le journal l’Équipe s’est intéressé au retour des écouteurs filaires aux oreilles des plus grandes stars du ballon rond. Si l’aspect pratique se conjugue avec un effet de mode évident, on constate un retour en grande pompe de nombreux appareils tech que l’on croyait tombés en désuétude.

Image : Math / Unsplash

Des EarPods en passant par les vinyles et l’iPod, le charme du « rétro » séduit massivement une génération en quête de simplicité. De quoi donner des sueurs froides aux directeurs marketing qui misent tout sur leurs dispendieuses révolutions sans fil et dématérialisées.

Le pragmatisme du vestiaire

L'image peut surprendre. Que ce soit Declan Rice et les joueurs d'Arsenal lors de la dernière finale de Ligue des Champions, ou Désiré Doué et Aurélien Tchouaméni avec les Bleus, le câble blanc fait un retour remarqué dans les couloirs des stades.

Faut-il y voir une soudaine phobie des ondes ou un secret d'athlète jalousement gardé ? Pas vraiment.

Les footballeurs n'ont pas découvert un avantage caché aux écouteurs filaires et, comme on s’en doute, ce n’est pas non plus une question de prix. Les raisons sont beaucoup plus simples : un modèle filaire ne tombe jamais en panne de batterie, ne subit aucune déconnexion capricieuse et, surtout, se perd beaucoup moins facilement au fond d'un sac de sport. À l'échelle d'un quotidien rythmé par les déplacements, les voyages et les entraînements, ces petits détails peuvent compter.

Image : simerpreet singh / Unsplash

Une question d'image, pas de fiche technique

D’un point de vue purement technologique, le match n'a pas lieu d'être. Les AirPods Pro et autres casques haut de gamme écrasent les EarPods sur tous les tableaux : réduction de bruit active, intégration à l'écosystème, audio spatial... Il faut dire que depuis la disparition de certains modèles spéciaux chez Bose, il n'existe plus d'écouteurs filaires intégrant toutes les technologies modernes.

Les AirPods, c’est dépassé : vive les écouteurs filaires !

Les AirPods, c’est dépassé : vive les écouteurs filaires !

Mais le filaire apporte autre chose. Les écouteurs filaires ne reviennent pas parce qu'ils sont meilleurs : ils reviennent parce qu'ils racontent quelque chose.

Afficher un câble qui pend sur son survêtement, c'est revendiquer une forme de simplicité, presque d'authenticité. Un accessoire banal à 19 euros devient un symbole d'une esthétique des années 2000, presque une manière de prendre ses distances avec la course permanente aux nouveautés.

De l'iPod au compact photo : la nostalgie de l'objet dédié

Ce phénomène dépasse d'ailleurs largement les pelouses de football. Le vieux monde technologique effectue des retours réguliers et inattendus.

Les vinyles passent largement devant les CD aux États-Unis, les sonneries font de la résistance

Les vinyles passent largement devant les CD aux États-Unis, les sonneries font de la résistance

Le vinyle en est l'exemple le plus frappant. Remplacé par le CD, puis largement dépassé par le streaming, il est revenu en force non pas pour sa praticité, mais pour l'expérience physique et culturelle qu'il propose.

Image : Travis Yewell / Unplash

La logique est exactement la même pour l'iPod, que de nombreux jeunes chinent aujourd'hui sur le marché de l'occasion. L'iPod ne fait rien de mieux qu'un iPhone, mais il incarne une époque, une certaine sobriété numérique, et surtout, il ne fait qu'une seule chose (lire de la musique), loin des notifications incessantes. La mode des « dumb phones », ces téléphones dont les fonctionnalités sont réduites à la portion congrue, s’inscrit dans la même tendance pour les personnes en quête de sobriété numérique et de déconnexion.

Même constat du côté de la photographie : les appareils compacts « point-and-shoot » du début des années 2000 s'arrachent à prix d'or. Les smartphones capturent des clichés infiniment plus nets, mais ces petits boîtiers offrent une personnalité et un grain que l'hyper-traitement logiciel moderne a fini par lisser.

Image : iGeneration

Le délicieux paradoxe d'Apple

Dans cette histoire, la position d'Apple est particulièrement ironique. Cupertino a été l'architecte principal de la disparition du fil en supprimant la prise jack de l'iPhone 7 il y a tout juste dix ans, ouvrant la voie à la révolution AirPods.

iPhone 7 : en finir une fois pour toutes avec la prise jack

iPhone 7 : en finir une fois pour toutes avec la prise jack

Le contraste est d'autant plus frappant sur le terrain du marketing. D'un côté, la Pomme sort l'artillerie lourde en s'offrant les services de têtes d'affiche mondiales : Lamine Yamal est mis à contribution pour assurer la promotion de ses futurs casques Beats, tandis que Vinícius Júnior est placardé pour vanter les mérites des AirPods Pro. De l'autre, pendant que la marque débourse des fortunes pour pousser ses modèles sans fil lors de ces vitrines mondiales, une partie des icônes des nouvelles générations réhabilite spontanément et gratuitement les écouteurs de 2012.

Vinicius Júnior danse au rythme des AirPods Pro 3 dans la nouvelle pub d’Apple

Vinicius Júnior danse au rythme des AirPods Pro 3 dans la nouvelle pub d’Apple

Le futur casque Beats s

Le futur casque Beats s'affiche déjà sur les oreilles de Lamine Yamal

Une ironie qui n'a pas dû échapper à Apple, qui continue prudemment de vendre ses EarPods, désormais déclinés en USB-C. Évidemment, ce retour du fil ne signifie pas la fin des AirPods, pas plus que le succès du vinyle n'a remplacé Spotify ou Apple Music. Mais il rappelle une chose : dans la tech, les objets ne disparaissent pas toujours. Certains changent simplement de statut.

Apple domine outrageusement le marché des montres connectées dopées à l'IA

Christophe Laporte

vendredi 10 juillet à 06:34

Apple Watch

Parfois chahutée sur le terrain de l'intelligence artificielle, Apple a de quoi se consoler en regardant les chiffres de son produit le plus personnel. Selon une récente étude de Counterpoint Research, les ventes mondiales de montres connectées capables de faire tourner des modèles d'IA en local (Edge AI) ont bondi de 70 % au premier trimestre 2026, pour atteindre un taux de pénétration de 25 %. Et c'est là que la firme de Cupertino savoure : elle écrase littéralement ce segment avec une part de marché frôlant les 90 %. Autrement dit, neuf tocantes « intelligentes » sur dix écoulées en ce début d'année sont frappées d'une Pomme.

Image : Apple

De la montre connectée à la montre vraiment intelligente

Une montre connectée, c'est bien. Une montre intelligente, c'est tout de même mieux. C'est indéniablement la tendance lourde des mois et années à venir. Mais qu'entend-on exactement par « Edge AI » ? Le cabinet Counterpoint définit ces montres comme des appareils portables équipés d'un moteur neuronal dédié (NPU) permettant d'exécuter l'inférence d'apprentissage automatique en local, que ce soit partiellement ou totalement. Pour entrer dans cette catégorie, il suffit qu'au moins une fonction clé, liée à la santé, à la sécurité ou à l'interaction, s'appuie principalement sur cet accélérateur matériel.

À mesure que les modèles d'intelligence artificielle gagnent en compacité et en efficacité, et que les puces sont taillées sur mesure pour les digérer, les constructeurs rapatrient de plus en plus de traitements directement sur l'appareil. Du côté de l'Apple Watch, cela se traduit par l'utilisation du Neural Engine embarqué pour analyser les gestes, traiter les requêtes Siri ou évaluer des signaux de santé et de sécurité sans avoir à faire d'incessants allers-retours avec les serveurs d'Apple.

Est-ce d'ailleurs pour coller au mieux à cette tendance qu'Apple a fini par laisser sur le bas-côté la toute première Apple Watch Ultra, qui ne pourra pas installer watchOS 27 ? Si cette première génération d'Ultra dispose bel et bien d'un NPU, celui-ci accuse sérieusement le coup face à la puissance de feu de ses successeurs.

Fin de parcours pour l’Apple Watch Ultra : Apple fait-elle vraiment moins bien que la concurrence ?

Fin de parcours pour l’Apple Watch Ultra : Apple fait-elle vraiment moins bien que la concurrence ?

Mohit Agrawal, directeur de recherche chez Counterpoint, résume parfaitement cet enjeu qui est désormais autant logiciel que matériel :

« L'IA locale dans les montres connectées ne se résume plus à une simple intégration matérielle, elle englobe désormais l'optimisation logicielle. La véritable avancée réside dans des modèles plus petits et plus efficaces, ainsi que dans un accès au niveau du système d'exploitation qui permet à n'importe quelle application d'exécuter des inférences localement. »*  L'analyste souligne que l'IA doit dépasser le stade de l'application isolée pour devenir « une couche personnelle fonctionnant sur des données personnelles. » C'est cette intégration intime qui autorise des alertes de santé instantanées, un contrôle gestuel fluide et des expériences sur mesure.

La santé comme principal moteur

Dans les faits, quels sont les véritables cas d'usage de l'intelligence artificielle sur nos poignets ? Alors qu'Apple ne montre qu'un empressement très modéré à déployer Workout Buddy, son coach sportif dans d'autres langues, l'IA se concentre pour l'heure massivement sur un seul secteur : la santé.

Plutôt que d'envoyer nos constantes vitales dans le nuage, les montres traitent désormais les algorithmes en local pour analyser la fréquence cardiaque, les cycles de sommeil et la température en temps réel. C'est ce qui permet de détecter sur l'appareil des anomalies telles que la fibrillation auriculaire, l'apnée du sommeil ou l'hypertension. Résultat, le déploiement de ces fonctions médicales a explosé sur l'ensemble du marché : au premier trimestre 2026, les expéditions de montres dotées d'un tensiomètre ont doublé, tandis que celles capables de détecter l'apnée du sommeil ont carrément triplé. La prochaine étape pour les constructeurs ? S'attaquer à des défis encore plus complexes, à l'image du diabète.

Pour soutenir cette ambition, les fondeurs font évoluer le silicium à un rythme effréné, transformant ces simples traqueurs d'activité en véritables assistants de santé intelligents. Apple avait donné le ton dès 2023 avec sa puce S9, dotée d'un Neural Engine à quatre cœurs taillé pour les tâches d'apprentissage automatique. À quelques mois du grand rafraîchissement automnal, on ne serait d'ailleurs pas étonné d'apprendre que ce fameux NPU constitue, une fois de plus, l'un des axes d'amélioration majeurs de la cuvée 2026 des Apple Watch.

Le collier Fi Ultra permet de retrouver un chien perdu grâce à un GPS et à Starlink

Pierre Dandumont

jeudi 09 juillet à 13:12

Wearables

Fi, qui propose des colliers pour les animaux équipés d'un traqueur, vient d'annoncer le Fi Ultra Dog. Ce collier est prévu pour le meilleur ami de l'homme et permet de le retrouver pratiquement dans toutes les situations. Il intègre en effet un récepteur GPS double bande mais aussi du Wi-Fi pour une localisation rapide, à la manière des smartphones. Et comme les smartphones, il peut se connecter à Internet en 4G pour vous envoyer sa localisation précise, avec la possibilité de passer par les satellites de Starlink (aux États-Unis) si l'animal est dans une zone blanche.

Le collier Fi Ultra.

En clair, le bracelet dispose d'une solution de localisation qui fonctionne à peu près partout, même en partie en intérieur (grâce au Wi-Fi) et qui vous permet de récupérer la position dans la majorité des cas. À part si l'animal est bloqué dans une grotte isolée, le collier devrait fonctionner. Le modèle Ultra, par ailleurs, dispose d'un mécanisme qui permet d'éviter qu'un chien s'échappe grâce à la localisation et à des moteurs haptiques qui peuvent empêcher que l'animal sorte de la zone dans laquelle il doit rester.

Deux contraintes fortes : le prix et l'autonomie

La première contrainte est l'autonomie. Un modem 4G couplé à un récepteur GPS et les nombreuses fonctions rendent le collier moyennement autonome. La marque annonce entre un et trois jours d'autonomie, en fonction de l'usage et de la vitalité de l'animal. La batterie se recharge en USB-C en deux à trois heures.

Le collier Fi Ultra sur un chien.

La seconde est le prix, assez élevé. Le collier lui-même vaut 200 $ seul, et il doit être accompagné d'un abonnement à 190 $ par an. Il finance les serveurs et la connexion du collier aux réseaux de téléphonie (notamment celui de T-Mobile, employé pour l'accès à Starlink). La société indique que les personnes qui ont déjà un abonnement peuvent y passer pour 300 $.

Le collier Fi Ultra sur un chien.

Ce sont évidemment deux points importants, mais à mettre à l'aune des fonctions : le collier est très complet et a de l'intérêt dans certains cas, surtout pour ceux qui vivent dans des endroits isolés où les traqueurs Bluetooth comme les AirTags sont complètement inutiles. Le collier n'est pas disponible dans nos contrées, notamment parce que l'accès aux satellites de Starlink dépend des accords avec les opérateurs et que la couverture pour la connexion depuis un modem cellulaire est essentiellement réservée aux États-Unis.

Apple Watch : vers une hausse inévitable des prix à la rentrée ?

Christophe Laporte

jeudi 09 juillet à 09:09

Apple Watch

Si pour l'iPhone l'inflation ne fait plus guère de doute, la question reste en suspens pour l'Apple Watch — du moins pour ceux qui s'efforcent de rester optimistes. Mais la firme de Cupertino va-t-elle vraiment revoir à la hausse le tarif de sa gamme de montres connectées en septembre ?

Image : Apple

Soyons réalistes : c'est une forte probabilité. Certes, techniquement parlant, une Apple Watch embarque bien moins de mémoire vive et de stockage qu'un iPhone ou un Mac (pour rappel, la future Apple Watch Ultra 4 devrait se contenter de 1 Go de RAM et de 64 Go de stockage). Les analystes ont beau clamer que les tocantes connectées sont moins exposées aux variations tarifaires, les faits sont têtus. D'une part, Apple n'a pas hésité par le passé à faire grimper la facture de ses HomePod, des produits dont l'architecture interne se rapproche. D'autre part, la concurrence ne reste pas les bras croisés et s'apprête, elle aussi, à revoir sa grille tarifaire à la hausse.

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La Pixel Watch 5 montre l'exemple (et pas le bon)

Ce sera très vraisemblablement le cas de la Pixel Watch 5 de Google, dont le lancement est attendu pour le début du mois d'août. Les prix ont déjà fuité et ne laissent place à aucune illusion : selon les configurations, l'augmentation serait comprise entre 6 et 14 %.

Le petit modèle serait d'ailleurs le plus durement touché. D'après les informations de DealLabs, le tarif de base aux États-Unis passerait à 399 $ pour la version 41 mm (Bluetooth/Wi-Fi), tandis que la déclinaison cellulaire (LTE) atteindrait 499 $. Une belle flambée de 50 $ par rapport à la Pixel Watch 4 à son lancement. Le grand format (45 mm) subirait également une hausse, bien que légèrement plus contenue : 429 $ pour le modèle standard et 529 $ pour l'option cellulaire, soit une augmentation de 30 $.

Sur le Vieux Continent, la pilule sera tout aussi amère. Le modèle 41 mm devrait s'afficher à 419 € en version Bluetooth/Wi-Fi (et 519 € en cellulaire). Quant au modèle 45 mm, il faudrait débourser 449 € pour la version de base et 549 € pour l'option 4G.

Image : Google

Une inflation d'autant plus dure à avaler que cette cinquième itération s'annonce, de l'aveu même des bruits de couloir, comme une mise à jour mineure. Le design serait rigoureusement identique, et Google se contenterait de reprendre la même panoplie de capteurs de santé. Autrement dit, les utilisateurs devront payer sensiblement plus cher pour une montre qui ressemble à s'y méprendre à celle de l'année dernière, en espérant que le nouveau processeur et les ajouts logiciels suffisent à faire passer la pilule.

Le prototype qui prenait l'eau aux Caraïbes

Si la Pixel Watch 5 brille par son manque de prise de risque matérielle, elle compense heureusement par une campagne de fuites pour le moins exotique. Oubliez le classique prototype égaré sur le comptoir d'un bar californien. Cette fois-ci, c'est au fond de l'océan, au large de l'île de Saint-Martin dans les Caraïbes, qu'un exemplaire fonctionnel a été repêché par un plongeur.

L'histoire, partagée Randy Pitchford, le cofondateur du studio de jeu vidéo Gearbox Software, prête franchement à sourire. Sur les photos publiées de sa trouvaille sous-marine, on distingue très clairement la mention « Pixel Watch 5 » gravée au dos du boîtier de 45 mm, entourée des capteurs habituels (SpO2, fréquence cardiaque, température, etc.).

Le plus amusant dans cette mésaventure ? Malgré son séjour prolongé dans l'eau salée, la montre affichait encore l'heure grâce à sa réserve de batterie, prouvant au passage que la certification IP68 est parfaitement maîtrisée par Google. Aux dernières nouvelles, la « magie d'Internet » a même permis d'identifier le propriétaire malchanceux (et sans doute un peu distrait) de ce prototype afin d'organiser sa restitution.

Retour à l'Apple Watch

Pour en revenir à Apple, la tendance du marché de la tech semble bel et bien tracée. Si Google saute le pas de l'augmentation pour de simples évolutions itératives, la Pomme ne devrait pas se gêner. On peut penser que la hausse de prix se fasse ressentir de manière plus sensible sur l'entrée et le milieu de gamme que sur l'Apple Watch Ultra, dont le positionnement tarifaire tutoie déjà les sommets. Rendez-vous en septembre pour en avoir le cœur net.

Meta travaille sur des lunettes enregistrant en permanence leur environnement

Greg Onizuka

jeudi 09 juillet à 06:45

Wearables

Meta a décidé de souffler le chaud et le froid sur ses lunettes connectées : après avoir communiqué sur un serrage de vis concernant les mods consistant à désactiver d’une manière plus ou moins brutale la LED indiquant qu’un enregistrement est en cours, leurs plans pour le futur indiquent un comportement quasiment à l’opposé du respect de la vie privée, comme le rapporte le Financial Times.

Ray-Ban, nid d’espions ? Image Ray-Ban/Meta.

Le prototype actuellement testé par les ingénieurs de Meta serait doté d’une fonction appelée « super sensing », qui ne consisterait en rien moins que laisser la caméra allumée en permanence. Les lunettes enregistreraient ainsi le son en permanence tandis qu’une image serait capturée toutes les quelques secondes. Ces données seraient ensuite transmises aux serveurs de Meta afin d’être analysées par les modèles d’intelligence artificielle de l’entreprise.

Suivant les versions testées, la capacité d’accéder aux enregistrements par l’utilisateur diffère, et celle qui semble le plus faire consensus parmi les équipes permettrait de poser des questions au LLM sur sa journée, mais sans pour autant pouvoir accéder aux images, sons et vidéos enregistrées durant celle-ci.

Meta serre la vis sur les lunettes modifiées pour filmer discrètement

Meta serre la vis sur les lunettes modifiées pour filmer discrètement

Reste l’éléphant dans la pièce : le respect de la vie privée. Dans un premier temps vient la question d’une paire de lunettes connectées qui enregistrerait en permanence les conversations, prendrait des images de la journée complète de l’utilisateur, et enverrait le tout vers des serveurs distants appartenant à Meta. C’est déjà un sérieux souci. Comme si ça ne suffisait pas, Meta s’oriente vers une idée qui paraît complètement folle : la fonction « super sensing » n’activerait pas la LED permettant de savoir si les lunettes enregistrent. Voilà qui compliquerait sérieusement la tâche de quiconque souhaiterait savoir si son interlocuteur, un passant dans la rue ou encore son voisin de table au restaurant est en train d’enregistrer discrètement la scène. La LED était jusqu’ici précisément destinée à lever ce doute. Que l’utilisateur ait accès à cet enregistrement ou non n’est plus le problème principal : chaque paire de lunettes connectées de Meta, l’entreprise souhaitant rendre les modèles actuels compatibles, deviendrait de fait un appareil susceptible d’enregistrer vos moindres faits et gestes.

L’entreprise indique bien tout faire pour respecter la vie privée quand les fonctions d’intelligence artificielle sont utilisées sur ses lunettes, cela n’enlève rien au fait que des données audio et vidéo seraient envoyées sur un serveur distant, possiblement localisé dans un pays étranger aux règles différentes, pour y être traitées sans contrôle réel de l’utilisateur. Cette approche pourrait toutefois se heurter frontalement aux exigences européennes en matière de protection de la vie privée. Entre le RGPD et l’attention particulière portée par les régulateurs aux traitements reposant sur l’intelligence artificielle, Meta aurait sans doute fort à faire pour convaincre qu’un tel fonctionnement est compatible avec les règles en vigueur.