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Les AirPods Ultra auraient déjà des yeux, mais Siri n’a pas encore de cerveau

Christophe Laporte

vendredi 05 juin à 18:19

Apple Vision

On l’évoquait plus tôt dans la semaine : il y a quelque chose d’assez étonnant dans l’Apple de 2026. De nombreux produits sont prêts à être commercialisés d’un point de vue matériel, mais leur lancement est reporté à cause de soucis logiciels. La liste est sur le point de s’allonger avec les AirPods Ultra, si l’on en croit Wired.

Le paradoxe d

Le paradoxe d'Apple en 2026 : du matériel flambant neuf, otage d'une IA en chantier

Le site américain, peu habitué à relayer de simples rumeurs, affirme qu'Apple va très probablement repousser la sortie de ses écouteurs équipés de caméras. Si le matériel est bel et bien finalisé, l'intelligence visuelle de Siri n'est tout simplement pas au niveau. En interne, les dirigeants s'inquiètent également des risques considérables en matière de vie privée que poseraient des écouteurs dotés d'objectifs, surtout en l'absence de cas d'usage véritablement convaincants. La Pomme n'a d'ailleurs pas souhaité commenter ces indiscrétions.

À quoi peut bien servir une caméra sur des AirPods ?

Cela nous amène à la question centrale : quel avantage Apple espère-t-elle tirer de l'ajout de caméras à ses AirPods ? Le contexte est d'autant plus délicat que les consommateurs sont de plus en plus méfiants face à la surveillance passive exercée par les lunettes connectées, les sonnettes vidéo et même les smartphones.

Les AirPods Ultra compatibles avec Apple Intelligence et l

Les AirPods Ultra compatibles avec Apple Intelligence et l'intelligence visuelle ?

D’après les rumeurs, ces AirPods repensés arboreraient des tiges plus imposantes pour y loger des caméras basse résolution. Celles-ci agiraient comme les « yeux » de Siri afin de fournir un contexte visuel aux requêtes vocales. Il ne s'agit pas de capturer des photos ou des vidéos pour les réseaux sociaux, mais plutôt de faciliter la navigation en s'appuyant sur des points de repère urbains ou d'identifier des aliments pour aider à faire ses courses.

Comme c'est souvent le cas avec les accessoires connectés de niche, les applications en matière d'accessibilité s'annoncent également prometteuses. Un Siri omniscient, peut-être associé à des capteurs infrarouges, pourrait apporter une vraie valeur ajoutée aux utilisateurs malvoyants. Reste une inconnue de taille dans tous ces scénarios : l'orientation de ces caméras. Quoi qu'il en soit, Mark Gurman précise qu'une petite diode s'allumerait dès que des données visuelles seraient transmises vers le cloud, afin d'avertir l'entourage.

AirPods Ultra : Apple veut donner des yeux à Siri

AirPods Ultra : Apple veut donner des yeux à Siri

Le grand écart entre IA et vie privée

Si la protection de la vie privée est un argument marketing abondamment utilisé par Apple, elle la pénalise paradoxalement dans la mise au point de ses services. La conception de technologies autour de l’intelligence artificielle est d’autant plus complexe si l’on cherche rigoureusement à respecter la confidentialité de ses utilisateurs.

Le traitement de ces données visuelles, cruciales pour affiner les modèles d'IA, représente un défi majeur. Apple ne disposant pas d'un modèle de fondation capable de rivaliser pleinement avec le GPT d'OpenAI ou le Gemini de Google, l'entreprise doit ruser. S'appuyer sur ses partenaires nécessiterait un nettoyage et une anonymisation drastiques des données captées par les AirPods. L'autre piste serait un traitement local, directement sur l'iPhone ou les écouteurs, pour les tâches basiques. Pour les requêtes plus lourdes, Apple pourrait s'en remettre à son architecture Private Cloud Compute et ses serveurs sécurisés. L'évolution de cette infrastructure cloud face aux géants du secteur sera d'ailleurs l'un des chantiers stratégiques majeurs de John Ternus lorsqu'il prendra officiellement la suite de Tim Cook au 1er septembre. En effet, pour le moment, elle semble incapable de prendre en charge dans de bonnes conditions les technologies de Google pour le nouveau Siri.

Pourquoi Apple abandonnerait (temporairement ?) ses serveurs maison pour le nouveau Siri ?

Pourquoi Apple abandonnerait (temporairement ?) ses serveurs maison pour le nouveau Siri ?

La menace fantôme venue de Chine

En attendant, si l’idée d’Apple est intéressante, à force de tergiverser, elle risque de se faire doubler par la concurrence. La firme de Cupertino a ce don de légitimer des catégories entières de produits avant même de les avoir commercialisés : les rumeurs suffisent à bousculer les feuilles de route des constructeurs du monde entier. Anshel Sag, analyste principal chez Moor Insights & Strategy, en tire d'ailleurs une conclusion limpide : si nous ne voyons pas débarquer une horde de clones d'AirPods équipés de caméras d'ici la fin de l'année, ils inonderont très certainement les allées du CES l'année prochaine.

La concurrence se prépare - Image : Guangfan Technology

Le concept flotte déjà dans l'air, notamment du côté de Shenzhen où le sujet anime de nombreuses réunions de développement. Des entreprises chinoises, à l'image de Guangfan Technology (soutenue par Lenovo), VibeLens ou Mozin, explorent déjà activement cette voie et ont même commencé à présenter des prototypes d'écouteurs dotés d'objectifs.

Les écouteurs de Mozin

Enfin, il y a un dernier point technique à prendre en compte sur ces AirPods Ultra qui pourrait légitimement inquiéter Apple et ses utilisateurs. Intégrer une caméra exige de la place, et cela pourrait se faire au détriment de la batterie et de l’autonomie globale de ces écouteurs. L’enfer est pavé de bonnes intentions.

Prise en main du bracelet Stratos Band de Nomad : quand le titane gagne en souplesse

Félix Cattafesta

vendredi 05 juin à 11:39

Apple Watch

Si Nomad est surtout connu pour ses bracelets sportifs, la marque s‘est aussi aventurée sur un terrain plus habillé avec le Stratos Band. Lancé fin 2025, il s'agit d'un accessoire hybride évoquant le bracelet à maillons d‘Apple, tout en s‘en distinguant nettement. Ici, les pièces en titane ne forment pas une chaîne continue : elles sont reliées par une bande en fluoroélastomère chargée d’apporter de la flexibilité et une meilleure aération.

Image WatchGeneration

Cette approche mixte vise à donner le rendu premium du titane sans les contraintes d’un bracelet entièrement métallique. Avec cette construction hybride, le Stratos Band essaie surtout d’assouplir l’idée du bracelet métallique pour Apple Watch. Vendu à partir de 135 € chez les revendeurs, est-ce une réussite ? Jetons ensemble un coup d'œil.

Un bracelet hybride au style bien marqué

Le Stratos Band propose donc un mélange assez original. Sur la face extérieure, le bracelet repose sur des maillons en titane de grade 4, un matériau que Nomad présente comme résistant aux rayures et plus léger que l‘acier (le tout fait 52 grammes). Au revers, on trouve de petits rectangles de FKM (pour fluorkautschukmaterial), le nom standardisé pour les différents types de fluoroélastomères. Ils font office de charnières entre les différentes pièces métalliques. Cet élastomère est déjà utilisé dans plusieurs bracelets de la marque, comme les modèles Rocky Point et Tempo.

L'avant et l'arrière. Image WatchGeneration

Pourquoi le bracelet Stratos Band de Nomad à 170 € ressemble tant à un modèle AliExpress

Félix Cattafesta

jeudi 04 juin à 11:29

Apple Watch

En fin d'année dernière, Nomad a lancé le Stratos Band, un bracelet mi-habillé mi-sportif mélangeant maillons en titane et une partie en fluoroélastomère. Un accessoire haut de gamme vendu 179 € rapidement critiqué : plusieurs lecteurs notaient alors que l'on trouvait un modèle similaire pour moins de vingt euros sur des sites comme AliExpress. La marque affirme pourtant ne pas avoir rebadgé un produit générique, mais avoir été victime d’une fuite de design dans sa chaîne de production.

Image WatchGeneration

Nous testons actuellement le Stratos Band, ce qui nous a poussés à revenir sur cette histoire assez inhabituelle. Nomad est une marque à la bonne réputation, connue pour ses accessoires certes souvent plus chers que la moyenne, mais généralement bien finis et originaux. Cependant, avant même l'annonce du Stratos Band, on trouvait sur certains sites chinois des modèles quasiment identiques, du concept global jusqu'au fermoir aimanté. Sur Reddit, certains ont alors accusé la marque d'avoir simplement ajouté son logo sur un bracelet de marque blanche avant de le revendre plus cher.

Peu après le lancement, le cofondateur de Nomad a pris la plume sur Reddit pour se défendre. Il y a expliqué qu'une ancienne version des fichiers CAD du bracelet avait fuité sur ses chaînes de production en Asie, permettant à des copieurs de sortir leur version avant même celle de Nomad. Interrogée à ce sujet, l’entreprise nous a confirmé cette version par mail :

Au cours du développement du bracelet Stratos Band, notre design a malheureusement fait l'objet d'une fuite au sein de la chaîne d'approvisionnement, au profit d'une usine de contrefaçons qui a commencé à produire et à commercialiser un bracelet reprenant notre design exclusif. Nous avons déposé il y a plusieurs mois des demandes de brevet de design qui sont actuellement en instance. À mesure que des contrefaçons apparaissent en ligne, nous faisons tout notre possible pour les faire retirer, mais les lois sur la propriété intellectuelle peuvent être difficiles à faire respecter, surtout en l'absence d'un brevet délivré.

Cette explication reste difficile à vérifier indépendamment, mais elle permet au moins de comprendre comment des modèles très proches ont pu apparaître en ligne avant même le lancement officiel du Stratos Band. Le bracelet de Nomad a un design travaillé : ses maillons en titane sont reliés par une bande de fluoroélastomère, tandis que le fermoir est aimanté. Autrement dit, il est peu probable qu’un modèle aussi spécifique ait été imaginé, prototypé et industrialisé en quelques jours seulement.

Sur Reddit, le co-CEO avait été interrogé sur un hypothétique déplacement de la production aux États-Unis pour limiter les fuites. Il expliquait alors que cette option avait bien été envisagée, mais qu’elle se heurtait à la réalité d’une chaîne de fabrication extrêmement spécialisée. Le titane est moulé par injection métallique puis durci. Les attaches exigent un cahier des charges très strict, tandis que le plastique doit être coloré, moulé en salle blanche, puis ébavuré après un traitement à très basse température.

Image WatchGeneration

Nomad expliquait qu'une production en Chine permettait de limiter les coûts, d'autant plus que les ajustements de design peuvent être réalisés en quelques jours là où ils prendraient probablement un à deux mois aux États-Unis. Et dans tous les cas, une production américaine ne résoudrait qu'une partie du problème : rien n'empêche des concurrents d'acheter le bracelet après lancement pour le décortiquer et en proposer une imitation quelques semaines plus tard.

Il n'est pas bien compliqué de trouver des copies de bracelets de grandes marques, que ce soit Apple ou Nomad. Si certains sont réussis, la qualité est généralement moins bonne, par exemple au niveau des attaches ou des aimants. Un utilisateur de Reddit a acheté un Stratos Band AliExpress afin de les comparer directement : selon lui, la version de Nomad serait plus légere, disposerait d’aimants plus puissants et de broches nettement plus longues que la copie AliExpress. Il note aussi des différences dans le dessin des maillons, des attaches et de la finition, avec un rendu qui se rapprocherait davantage de celui de l’Apple Watch Ultra.

Cirrus Aircraft vous propose l’expérience du vol dans votre salon grâce au Vision Pro

Greg Onizuka

mercredi 03 juin à 22:15

Apple Vision

Si le Vision Pro est un échec commercial au point que la suite soit pour le moment figée si on en croit les rumeurs, ce n’est pas pour autant qu’il n’a pas gagné une certaine reconnaissance pour quelques niches. Parmi celles-ci, le domaine de l’aérien est l’un des plus spectaculaire, et certains l’ont bien compris, comme Cirrus Aircraft qui a lancé son app Let’s Go Fly! permettant de découvrir les sensations de vol dans ses appareils sans sortir de son salon.

Dès les origines, le Vision Pro avait un lien plutôt étroit avec l’aérien, ne serait-ce que pour une de ses utilisations les plus pratiques : bénéficier d’un écran géant dans un avion, endroit où la place est extrêmement étriquée. Apple l’avait bien compris, en présentant des mises en situation où l’utilisateur découvre une surface de travail gigantesque durant son trajet, ou profite d’un film dans un confort de salle cinéma.

X-Plane 12 s

X-Plane 12 s'envolera sur l’Apple Vision Pro avec visionOS 26.4

Depuis, le Vision Pro a rajouté une autre corde à son arc, avec la compatibilité Nvidia CloudXR lui permettant un fonctionnement avec X-Plane 12, souvent considéré à juste titre comme le simulateur le plus avancé du monde accessible au grand public. Cependant, cette utilisation nécessite de relier le Vision Pro à un PC qui s’occupera des calculs nécessaires avec une configuration plutôt musclée qui n’est pas accessible à tous, encore plus en ces temps de RAMpocalypse.

Dans ces conditions, l’arrivée de la proposition de Cirrus Aircraft n’a pas la prétention d’être l’équivalent de X-Plane, mais au moins d’apporter les sensations du vol dans le casque de réalité augmentée. L’utilisateur pourra ainsi profiter d’un vol en 3D spatiale haute résolution, comme s’il était réellement à bord d’un Cirrus SR22.

Pour compléter cette petite balade, Cirrus a aussi intégré des modèles taille réelle de ses avions SR22 Turbo et Vision Jet, permettant de les voir posés dans le salon et d’en faire un tour complet. L’extérieur tout comme l’intérieur de ces avions sont représentés, dans leurs moindres détails.

Si l’expérience est amusante, l’idée derrière cette app n’est pas totalement gratuite de la part de Cirrus Aircraft : l’entreprise compte bien l’utiliser comme outil de vente, afin de présenter ses avions à de potentiels clients, y compris certains hésitants encore à sauter le pas, sans avoir à les emmener sur un terrain d’aviation. Reste qu’avec un ticket d’entrée à 820 000 € hors taxes pour le SR22 Turbo, un faible pourcentage de badauds pourront sauter le pas sans réfléchir !

Piratage chez Ultrahuman, des données de santé en fuite

Greg Onizuka

mercredi 03 juin à 21:45

Wearables

À force de tout connecter, les situations de piratage deviennent de plus en plus ubuesques. Cette fois-ci, des pirates informatiques ont récupéré les données clients d’une entreprise spécialisée dans les bagues connectées, Ultrahuman.

Comme l’indique TechCrunch, il s’agit dans un premier temps de relativiser : selon Ultrahuman, 0,1 % des comptes clients auraient été touchés, soit peu ou prou 700 personnes étant donné la base de clients actifs de 700 000 comptes utilisant cette bague.

De plus, aucune donnée de paiement, ni aucun mot de passe n’auraient été compromis. L’entreprise cherche aussi à rassurer les utilisateurs sur le fait qu’aucune faille ne compromet actuellement la sécurité de leur bague connectée, et qu’aucun outil de production n’a été affecté.

Mais alors, qu’ont-ils récupéré ? Si l’entreprise ne donne pas de précisions à ce sujet, il semble que les pirates aient pu accéder à une base de données contenant l’adresse mail, le nom, ainsi que les informations de santé de ces quelques centaines de clients, ce qui à n’en pas douter alimentera très prochainement les bases de données s’échangeant dans les recoins obscurs d’internet, afin de faire des campagnes de phishing toujours plus crédibles.

L’entreprise semble avoir réagi très rapidement suite à cette intrusion dans ses systèmes, indiquant avoir agit dans les heures qui ont suivi en bouchant la faille utilisée. Elle en a profité pour donner quelques précisions sur la méthode utilisée : les malandrins ont obtenu l’accès aux serveurs grâce à un malware installé sur l’ordinateur portable d’un employé.

Ultrahuman Ring Pro : une bague connectée avec 15 jours d’autonomie

Ultrahuman Ring Pro : une bague connectée avec 15 jours d’autonomie

Si le piratage informatique fait malheureusement partie du paysage commun, celui-ci rappelle par la même occasion la faiblesse de protection des données utilisateurs de certaines entreprises : pour quelle raison cet employé avait accès aux données de santé des clients ? Ultrahuman a beau indiquer que les données présentes étaient en « lecture seule », le fait qu’un employé puisse accéder à des données aussi intimes que les informations de santé des utilisateurs depuis son ordinateur portable donne à réfléchir sur les trackers et autres outils récupérant ces données, que ce soit sous forme de bague, de bracelet ou de montre.