Dans l’arène des montres de sport, la guerre des dalles fait rage. D’un côté, l’OLED et ses variantes AMOLED qui trustent désormais le marché, Apple Watch en tête. C’est beau, c’est fluide, et les contrastes sont infinis. Mais cette débauche de couleurs se paie au prix fort : une consommation d’énergie importante et une lisibilité parfois précaire sous un soleil de plomb.
De l’autre côté, le MIP (pour Memory-in-Pixel) fait figure de vieux briscard. Longtemps la norme chez les spécialistes de l'outdoor, cette technologie brille par sa sobriété et sa capacité à rester parfaitement lisible en extérieur sans jamais s’éteindre. Certes, les couleurs sont ternes, la définition rappelle les années 2000 et l’usage du rétro-éclairage est obligatoire dès que la lumière décline, mais pour beaucoup, c'est le prix de l'efficacité.
Le sens de l’histoire semble écrit : l’OLED va tout dévorer. Le mouvement est déjà bien amorcé chez Coros, Polar ou Garmin. Pourtant, une frange d’irréductibles refuse de lâcher le morceau. Un récent sondage réalisé sur Reddit, ayant mobilisé plus de 1 100 votants, montre que si l’AMOLED gagne du terrain, le MIP reste pour beaucoup le cœur battant de l’expérience Garmin.
Un tiers des utilisateurs prêts à quitter le navire
Les chiffres issus de cette consultation populaire sont parlants. Si une légère majorité de 511 participants se dit prête à franchir le pas de l’AMOLED, le reste des troupes est loin d’être convaincu par la modernité. Environ un tiers des répondants, soit 362 personnes, affirment qu’ils n’hésiteraient pas à aller voir si l’herbe est plus verte chez la concurrence si Garmin venait à enterrer définitivement le MIP. Plus surprenant encore, 174 utilisateurs préféreraient se tourner vers le marché de l’occasion pour dénicher d’anciens modèles plutôt que de céder aux sirènes de la haute définition. C’est une part non négligeable d’une clientèle fidèle qui menace de faire défection si le constructeur force trop la marche vers le tout-OLED.
Pour ces passionnés, le choix du MIP n'est pas une simple posture de technophobe. C’est une question d’usage. Entre une Enduro capable de tenir un mois loin d’une prise et une montre qu'il faut surveiller comme un smartphone, le choix est vite fait pour l’ultra-traileur ou le randonneur au long cours. Ils cherchent une montre-outil, pas un énième écran miniature à recharger quotidiennement.
Un combat d'arrière-garde ?
Au-delà de l'autonomie, il y a une dimension presque sensorielle dans ce débat. Certains utilisateurs décrivent le MIP non seulement comme pratique, mais comme véritablement beau dans son austérité. Il y a ce plaisir de pouvoir consulter l'heure d'un simple coup d'œil furtif, sans mouvement de poignet exagéré pour réveiller la dalle, et cette clarté absolue en plein midi. Pour ces puristes, le MIP fatigue moins les yeux et se fond mieux dans l'environnement naturel qu'une lampe torche fixée au poignet.
En face, l’argumentaire des partisans de l’AMOLED ne manque pas de pixels. Avec l'arrivée de modèles comme la Fenix 8 en 51 mm, l’autonomie commence à devenir franchement respectable, dépassant souvent les deux semaines en usage réel. Pour beaucoup, ce compromis est largement acceptable pour profiter d’une interface moderne, colorée et bien plus lisible en intérieur ou dans la pénombre des salles de sport.
C’est d’ailleurs là que se joue l’avenir commercial de Garmin. Il est bien plus simple de séduire le grand public et les transfuges de l'Apple Watch avec un écran chatoyant qu'avec une technologie qui ne donne le meilleur d'elle-même que sous un ciel bleu. Mais pour les historiques de la marque, la montre n'est pas là pour briller en société, elle est là pour durer. Ce sondage, s'il n'a pas la rigueur d'une étude de marché exhaustive, prouve que le divorce n'est pas encore consommé. Garmin peut pousser l'AMOLED autant qu'il le souhaite, il devra composer avec une base d'utilisateurs qui n'est pas encore prête à faire le deuil de ses cristaux liquides.
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