Alors que les premières bêta publiques des systèmes principaux d’Apple sont sorties hier, Cupertino nous gratifie ce soir d’une bêta de ses écouteurs Bluetooth ouverte à tous, comme le rapporte MacRumors.
Cette première bêta publique peut être installée sur les AirPods Pr 2, AirPods Pro 3, AirPods 4 et AirPods Max 2. Elle correspond en fait en tout point, numéro de version compris, à celle proposée dernièrement aux développeurs.
Cette sortie est dans la logique des choses, iOS 27, iPadOS 27 et macOS 27 amenant plusieurs changements concernant les écouteurs d’Apple, avec une nouvelle interface, un mode Adaptatif réglable, ainsi que (enfin diront certains) un égaliseur réglable.
Comme toujours, la mise à jour est un peu une science obscure, mais devrait bien se passer si vous laissez vos écouteurs à côté de votre iPhone, dans leur boîtier en charge.
La nouvelle réglementation européenne sur l’accessibilité des batteries dans les appareils électroniques devrait entrer en vigueur en février 2027, et elle commence déjà à produire ses premiers effets, avec la Switch 2 modifiée en conséquence par Nintendo (même si certains sont déçus du peu de modifications réellement apportées). Cependant, quelques ajustements sont encore nécessaires, et la Commission européenne vient d’ajouter un amendement, afin de prendre en compte les wearables, comme le rapporte 9to5Mac.
L’Apple Watch devrait pouvoir souffler. Image MacGeneration.
En effet, une catégorie grandissante de produits n’avait pas été correctement observée : les montres connectées, outils de fitness, bagues et autres lunettes connectées qui se multiplient sur le marché. Ces produits ont parfois des contraintes bien spécifiques : s’il est (relativement) facile de demander à un constructeur de téléphone mobile de modifier son appareil afin de garantir un remplacement aisé de la batterie, c’est beaucoup plus difficile sur une montre qui doit s’ajuster au poignet tout en conservant son étanchéité, ou une bague type Oura Ring où la place est comptée et la forme très spécifique.
La Commission européenne a présenté un amendement au règlement EU 2023/1542, afin de mieux prendre en compte ces appareils. Elle les classe désormais dans la même catégorie que les appareils destinés à être utilisés en environnement humide :
Il est nécessaire d’inclure certains appareils électroniques portés sur le corps (wearables) dans le champ des dérogations déjà accordées aux appareils humides (wet appliances), afin de garantir une sécurité juridique. Les wearables sont des appareils électroniques portables portés sur le corps et qui intègrent souvent des capteurs ainsi que des fonctions de connectivité leur permettant de collecter et de transmettre des données. Leur utilisation a fortement augmenté depuis l’adoption du règlement (UE) 2023/1542. Les montres connectées, les bracelets d’activité, les lunettes connectées ou encore d’autres appareils électroniques intégrés à des vêtements ou à des accessoires figurent parmi les exemples de wearables. Les lignes directrices publiées dans la communication C/2025/214 de la Commission précisent ce qu’il convient d’entendre par « appareil humide » (wet appliance).
La miniaturisation des appareils électroniques portés sur le corps (wearables) et des batteries portables qui les alimentent peut conduire à des situations où la batterie est si étroitement intégrée à son logement que son retrait est susceptible de présenter un risque non négligeable de détérioration ou de perforation. Lorsque la nature du produit empêche une refonte de sa conception, notamment pour des raisons anatomiques ou ergonomiques, il est justifié que ces petites batteries ne puissent être retirées et remplacées que par des professionnels indépendants.
Cet ajout vise spécifiquement les appareils qui « par leur nature, leur taille ou leur forme, sont considérés trop petits pour permettre à l’utilisateur final de procéder au remplacement de la batterie en toute sécurité », et ceux qui « s’appuient sur un design compact, scellé afin de garantir leur fonctionnement, incluant la protection contre la poussière et les chocs ». Si les montres connectées sont directement citées dans le texte, une autre catégorie où Apple est fortement représentée semble entrer pleinement dans le champ de cette dérogation : les écouteurs Bluetooth, que le texte ne cite pas explicitement, mais qui répondent à plusieurs critères retenus par la Commission.
Et en effet, les AirPods et AirPods Pro sont à la fois petits, scellés pour résister à la poussière et aux chocs, et sont portés sur le corps de l’utilisateur. En revanche, le boîtier de charge, qui n’est pas porté sur le corps, pourrait ne pas relever de cette dérogation.
Selon les bruits de couloirs, cet ajout aurait été décidé après un fort lobbying de l’ambassadeur US à l’Europe, qui semblait particulièrement préoccupé du devenir des lunettes connectées de Meta une fois le texte adopté. Une rumeur qui a été démentie depuis par le porte-parole de l’UE :
[L’UE] n’a cédé à la pression de personne. Ces ajouts sont le fruit d’une vaste consultation publique menée auprès d’associations de consommateurs, d’acteurs de l’industrie et des États membres. [...] L’amendement ne vise pas à réglementer un produit en particulier, mais à garantir des produits plus sûrs pour les consommateurs et l’industrie dans les cas où l’ouverture d’un appareil pourrait créer des risques pour la sécurité, ou lorsque des contraintes techniques rendent irréaliste l’accès à la batterie par le consommateur.
Quoi qu’il en soit, cet amendement au texte original doit encore passer par la validation du Parlement européen et du Conseil de l’UE, mais rien n’indique à ce stade qu’il rencontrera une opposition particulière.
Maintenant que la première bêta publique de watchOS 27 est disponible, les plus curieux peuvent découvrir les nouveautés préparées par Apple. Cette version ne bouleverse pas l’Apple Watch, mais elle apporte plusieurs changements intéressants au quotidien.
Image WatchGeneration
Rappelons que l’installation demande une montre récente, à savoir une Series 9, une Ultra 2, une SE 3 ou un modèle plus récent. Il faudra également avoir sous la main un iPhone sous iOS 27. Une Apple Watch passée sur la bêta ne pouvant pas revenir facilement à watchOS 26, mieux vaut éviter de l’installer sur un appareil indispensable. Ceci étant dit, voyons ensemble les principales nouveautés à essayer.
Adopter la nouvelle grille d’apps
Avec watchOS 27, une pression sur la couronne numérique ouvre désormais une grille d’apps dynamique venant remplacer l'ancien nuage d'icônes. Siri est au centre, tandis que les applications récentes ou suggérées par le système viennent prendre place autour.
Image WatchGeneration
L’ensemble est plus lisible qu'auparavant, avec des apps plus faciles à repérer et à toucher. La grille met surtout en avant cinq applications suggérées par Siri, dont la sélection peut évoluer selon le contexte et vos habitudes. Un bouton dédié permet de retourner rapidement au nuage complet si vous ne trouvez pas votre bonheur.
watchOS 27 complète la navigation gestuelle avec un pincement simple du pouce et de l’index. Le double pincement permet toujours de parcourir les widgets du Défilement intelligent, tandis que ce nouveau geste sélectionne celui qui est mis en évidence.
Image Apple
Il est ainsi possible d’afficher la pile de widgets, de choisir une tuile, puis de revenir au cadran avec un mouvement sec du poignet. Un enchaînement particulièrement pratique lorsque l’autre main est occupée étant donné qu'il n'y a pas besoin de toucher l'écran.
Faire le tour des nouveautés santé
Si ce n'est pas la révolution attendue, Apple a apporté quelques nouveautés côté santé. Le Suivi de cycle devient plus proactif et peut signaler lorsque certaines données physiologiques sont susceptibles de correspondre au début d’une périménopause. Apple améliore également le suivi des symptômes et les informations proposées autour de la santé féminine.
Image Apple
Les sportifs profitent de leur côté d’un meilleur suivi sur tapis de course, d’une synchronisation plus fiable du nombre de pas et d’un Workout Buddy plus pertinent. Ce dernier reste toutefois indisponible en français pour le moment.
Apple regroupe les anciennes apps Localiser des personnes, Localiser des appareils et Localiser des objets dans une seule application. La nouvelle interface s’organise autour d’une carte et permet de passer rapidement d’une catégorie à l’autre.
De trois apps sous watchOS 26 (à gauche), on passe à une seule sur cette nouvelle version (à droite). Image WatchGeneration
La Localisation précise peut aussi guider l’utilisateur vers un iPhone associé, un AirTag de deuxième génération ou des AirPods Pro 3 compatibles. L’intérêt est évident lorsque l’objet recherché se trouve quelque part dans la maison et que l'iPhone charge dans une autre pièce.
Quelques nouvelles options font leur apparition sur watchOS 27. Il est possible de désactiver certaines notifications du score de sommeil, par exemple pour être uniquement prévenu quand vous avez mal dormi. Le Défilement intelligent a été amélioré, présentant des widgets ou des options plus pertinentes.
Image WatchGeneration
L'application Cartes permet d'afficher les nouveaux pass personnalisés créés sur iOS. Les performances ont été améliorées, le lecteur audio s'affichant plus vite tandis qu'Apple promet également une montre plus réactive. Les effets Liquid Glass ont également été peaufinés ici et là.
Samsung veut vraiment que vous partagiez vos données de santé pour entraîner son IA. Selon How-To Geek, certains utilisateurs ont récemment vu apparaître un nouveau bouton concernant le partage des données de santé dans les réglages de confidentialité. Le décocher affiche une alerte : Samsung prévient alors que la synchronisation des données avec le compte Samsung va être arrêtée et que les données seront supprimées.
Image How-To Geek
Cette utilisation est inscrite noir sur blanc dans les conditions d'utilisations de Samsung Health. On peut y lire que Samsung exploitera plusieurs catégories de données : mesures corporelles, alimentation, activité physique, sommeil, traitements médicamenteux, ordonnances ou encore cycles menstruels. Les dossiers médicaux sont également concernés, avec des informations potentiellement très sensibles comme les diagnostics, les pronostics, les résultats d’examens et les antécédents thérapeutiques.
Ces informations serviront à entraîner et à modéliser les systèmes d’IA de Samsung, notamment les algorithmes chargés d’analyser l’état de santé et les fonctions intelligentes de l’application. L’entreprise coréenne précise qu’un « contrôle humain » pourra parfois être réalisé dans le cadre de ce travail. Samsung n’explique toutefois pas clairement qui effectuera ces vérifications ni dans quelles conditions les personnes concernées pourront consulter les données.
Cette politique soulève d’autant plus de questions que Samsung ne précise pas publiquement si les données utilisées pour l’entraînement sont systématiquement anonymisées. L’entreprise indique seulement que des mesures de protection seront appliquées, sans détailler leur nature ni le niveau de dépersonnalisation retenu. Une zone d’ombre peu rassurante lorsqu’il est question de données médicales, dont la sensibilité dépasse largement celle de simples statistiques d’utilisation.
La nouvelle ne devrait pas plaire aux utilisateurs de Samsung Health utilisant l'app de temps à autre comme petit carnet de santé. Ce choix est d'autant plus décevant que les règles changent en cours de route : Samsung Health a été lancé en 2012 et compte sans doute de nombreux utilisateurs de longue date qui se retrouvent du jour au lendemain avec le couteau sous la gorge.
L'expérience risque d'en frustrer plus d'un. Les utilisateurs qui installeront watchOS 27 auront sans doute une fausse joie en découvrant la flamboyante icône de Siri AI en bonne place dans le nouveau lanceur. Hélas, une fois cette nouvelle application ouverte, un message douchera leurs espoirs et les invitera à passer leur chemin.
C'est d'ailleurs l'une des raisons techniques bien précises qui ont poussé Apple à laisser l'Apple Watch Ultra de première génération sur la touche pour cette mise à jour. Sur les autres modèles Ultra, la reconnaissance vocale et la transcription des requêtes Siri s'effectuent directement en local. À ce petit jeu, la différence de performances entre une Apple Watch Ultra 1 et une Ultra 2 se fait cruellement sentir.
Quel est donc le véritable impact de cet assistant dopé à l'IA sur notre utilisation quotidienne ? Jusqu'ici, soyons honnêtes, les commandes véritablement pertinentes du Siri « classique » restaient assez limitées. Son fait de gloire consistait généralement à lancer un minuteur pour la cuisson des pâtes.
Faute de pouvoir éprouver pleinement watchOS 27 de notre côté de l'Atlantique, le témoignage de Victoria Song, journaliste chez The Verge, s'avère particulièrement éclairant. Elle a non seulement testé l'assistant en conditions réelles, mais a également pu s'entretenir avec David Clark, directeur principal de l'ingénierie logicielle pour watchOS.
Une expérience enfin unifiée
Si Siri excelle toujours pour régler une alarme ou donner la météo, l'intégration de Siri AI permet enfin d'effectuer de véritables tâches depuis son poignet. L'une des clés de cette réussite réside dans l'unification de l'écosystème : il n'y a plus un Siri pour l'iPhone et un autre, souvent moins doué, pour la montre.
« Notre objectif principal avec l'intégration sur l'Apple Watch est de garantir une expérience cohérente. Ce que nous voulons éviter à tout prix, c'est que l'utilisateur pose une question à Siri sur un appareil et obtienne une réponse différente sur un autre », explique David Clark. « En liant étroitement la montre au téléphone, et en laissant le contexte personnel piloter l'ensemble, nous installons l'idée qu'il n'y a désormais qu'un seul et unique Siri AI. »
Cette promesse résonne avec la propre expérience de la journaliste. Ayant elle-même constaté les limites des plateformes concurrentes comme Gemini l'an dernier, ou même la fragmentation de l'ancien Siri d'un terminal Apple à l'autre, elle confirme que l'unification est réussie. Avec Siri AI, ces incohérences font désormais partie du passé.
La montre gagne en indépendance
Grâce aux rouages de l'écosystème Apple, la montre se transforme en un redoutable bloc-notes d'appoint. Siri AI facilite grandement la consultation de mémos ou de listes de rappels créés sur l'iPhone ou le Mac. Il est par exemple possible de dicter une liste de courses complexe et de cocher les articles à la volée dans les rayons d'un magasin, le tout en gardant les mains libres. Mieux encore : on peut tout à fait initier une recherche en déplacement depuis la montre, puis en reprendre la lecture plus tard, confortablement installé devant son Mac.
Image : Apple
Cependant, tout n'est pas parfait. Le principal obstacle reste la création d'une nouvelle habitude. Dans le feu de l'action, le réflexe d'interroger sa montre n'est pas toujours inné. Il faut également composer avec une certaine latence (le temps que l'IA « réfléchisse ») et formuler ses requêtes avec précision, les assistants virtuels restant toujours enclins aux incompréhensions. Les plus impatients risquent de grincer des dents par moments.
Un coach sportif plus perspicace
Du côté de la santé et de la forme, le coach sportif d'Apple, Workout Buddy, qui brille toujours par son absence en français bénéficie de quelques améliorations bienvenues. Alors que sur watchOS 26, ce coach se contentait de souligner les grandes étapes d'un entraînement, cette nouvelle mouture propose des analyses plus poussées.
« Cette année, nous avons ajouté des éléments qui analysent vos données bien au-delà de la simple comparaison entre l'entraînement du jour et les précédents », précise David Clark. « Si vous venez de venir à bout d'une colline avec quelques gouttes de sueur en plus, le système comprendra que votre allure a été réalisée malgré le dénivelé. Il vous félicitera donc pour avoir atteint le sommet et continué sur votre lancée. »
En revanche, n'espérez pas que Siri AI se transforme en médecin de poignet : formuler des recommandations de santé n'est pas (encore) au programme. L'assistant peut néanmoins piocher dans sa base de connaissances pour fournir des réponses scientifiques à des questions générales (comme la définition du cholestérol) ou suggérer des étirements après une course. Il se positionne ainsi comme une ressource d'accès rapide à l'information.
Image : Apple
watchOS 27 : un très bon cru ?
En fin de compte, pour la journaliste de The Verge, ce cru watchOS 27 apparaît comme l'aboutissement de trois à quatre années d'évolutions. L'ajout progressif des nouveaux gestes, la refonte des widgets, et maintenant l'arrivée de Siri AI, font de l'Apple Watch un appareil radicalement différent de ce qu'elle était en 2022.
Prises isolément, ces nouveautés semblaient parfois purement itératives. Mais avec l'injection de l'intelligence artificielle, toutes ces pièces du puzzle s'assemblent enfin pour révéler une vision bien plus large : celle d'une montre qui devient un véritable ordinateur de poignet. Le chemin n'est pas encore totalement achevé, mais la direction n'a jamais été aussi claire.