Apple, futur service de santé privé

Anthony Nelzin-Santos |

À tant parler de services web et de santé connectée, Tim Cook est parvenu à la conclusion logique, celle d’un service sanitaire. L’enjeu ? « Démocratiser » les équipements médicaux, donner « à chacun la possibilité de gérer sa santé », chambouler le monde de la médecine et l’industrie pharmaceutique comme elle avait bouleversé le monde des télécoms et l’industrie musicale.

Et réconcilier les deux visages d’Apple, cette société capable d’investir des milliards de dollars pour bâtir un modèle de développement capitaliste durable tout en refusant de dépenser quelques centaines de milliers d’euros pour améliorer le quotidien de ses salariés les plus précaires. Ainsi, Tim Cook assure que le développement de la santé connectée sera « la plus grande contribution d’Apple à l’humanité ».

La réalisation d’un ECG sur l’Apple Watch Series 4. Image Apple.

Dans le même temps, il ne fait aucun doute qu’il s’agit d’un marché lucratif, et même très lucratif. Selon Fortune, trois des dix plus grandes entreprises américaines appartiennent au monde de la santé, et plus particulièrement aux domaines de l’assurance et de la pharmacie1. Les dépenses de santé progressent de 5 % par an et pourraient franchir, selon Deloitte, la barre des 10 000 milliards de dollars dans le monde d’ici à 2022.

Apple a mis plus qu’un pied sur ce marché. Par l’intermédiaire de ResearchKit et de CareKit, deux plateformes applicatives open source, mais très fortement liées à l’iPhone et à l’Apple Watch, elle est déjà présente dans les meilleurs établissements médicaux des États-Unis. Avec ses nombreux partenariats et ses capacités de financement presque illimitées, elle joue un rôle grandissant dans la recherche sur les maladies cardiovasculaires, le diabète, la maladie de Parkinson, ou encore l’autisme.

Une application ResearchKit. Image Apple.

Pendant que les visiteurs s’extasient devant les marbres du Steve Jobs Theater, les salariés transpirent et se font soigner dans le Fitness & Wellness Center, une annexe à mi-chemin entre la salle de sport et le dispensaire. Apple y organise régulièrement de grandes sessions de collecte de données physiologiques, auxquelles des centaines de personnes participent.

Plusieurs dizaines de médecins ont rejoint les rangs de la firme de Cupertino ces derniers mois, notamment pour intégrer les équipes chargées de la conception de futurs produits. Apple opère même deux cliniques par le biais d’une filiale, AC Wellness2. « Nous pensons qu’une relation de confiance avec nos patients, soutenue par la technologie, encourage des soins de haute qualité et une expérience unique pour le patient », dit son mission statement, qui sonne comme le programme d’une grande partie de la Silicon Valley.

Car la concurrence est déjà là, et le monde des hautes technologies compte bien bousculer les acteurs établis, géants endormis au-dessus d’un marché aussi captif que pouvait l’être celui des télécoms au milieu des années 2000. Google semble avoir ralenti le rythme de développement de Calico, sa filiale qui veut « tuer la mort », mais des milliers de start-up ont pris le relais. Avec la « smartphonification » du monde, des produits très pointus sont maintenant disponibles à prix sinon bas, au moins abordable.

Les nouveautés de Withings pour le CES 2019, qui comptent deux appareils capables de réaliser un ECG, comme l’Apple Watch Series 4. La montre Move ECG sera disponible pour 129,95 € seulement. Image Withings.

Apple elle-même n’attaque pas uniquement le marché par les produits, avec une approche ascendante, en laissant ses clients convaincre les institutions. Elle l’attaque aussi et surtout par le sommet, avec une approche descendante, parce qu’elle doit se conformer au cadre réglementaire. Que l’on retourne le problème dans un sens comme dans l’autre, la solution réside toujours dans les données, à la fois préalable et moteurs des algorithmes qui façonnent les services web.

Impossible d’écrire « données » sans immédiatement écrire « vie privée », de la même manière que Tim Cook est incapable d’aligner dix mots sans prononcer « privacy ». Depuis plusieurs années, Apple répète qu’elle mérite la confiance de ses clients, et le prouve d’une manière plus ou moins heureuse. Sans cette confiance, comment imaginer prendre place sur leur poignet et bientôt peut-être leur nez, comment oser demander une emprise sur leurs sens et une prise sur leurs fluides, comment repousser la frontière des technologies à même leur peau ?

Apple collecte énormément, mais traite encore peu. L’électrocardiographe de l’Apple Watch Series 4 montre toutefois la voie. Bien qu’il soit très limité, c’est déjà un dispositif médical, qui sauve déjà des vies, et pose déjà des questions aux systèmes de santé (lire : Entretien : les cardiologues face à l’ECG de l’Apple Watch). Apple s’est surtout intéressé à la santé cardiaque, presque exclusivement au travers de l’Apple Watch. Qu’en sera-t-il lorsqu’elle se penchera sur le diabète, l’hypertension ou encore l’apnée du sommeil, en mettant à contribution d’autres appareils ?

Le capteur de sommeil Beddit, une société achetée par Apple. Contrairement à la plupart des montres connectées, l’Apple Watch n’intègre aucune fonction de suivi du sommeil. Forte de son expérience, et de celle des sociétés qu’elle a achetées et des études qu’elle a soutenues, Apple pourrait pourtant non seulement suivre le sommeil, mais aussi détecter l’apnée du sommeil. Image Apple.

L’utilisateur réclamera non pas seulement des mesures brutes et des graphiques abscons, mais des conseils clairs et exploitables. Les médecins ne se contenteront pas de recevoir les appels effrayés de leurs patients, mais auront besoin d’outils pour faire la part des choses, de protocoles pour faire communiquer différents appareils. Et que dire, entre les deux, des demandes des gouvernements et des exigences des assureurs !

Bref, Apple a du pain sur la planche. Elle compte commencer d’une manière aussi simple qu’essentielle, par le biais du dossier médical, lien entre le patient et son médecin. Depuis bientôt deux ans, elle travaille avec Health Gorilla à la conception d’un service centralisant toutes les données médicales. Elle discute avec The Argonaut Project, qui veut définir un protocole de communication ouvert, et The Carin Alliance, qui insiste sur le rôle central du patient dans cette démarche.

Il s’agit, en quelque sorte, de concevoir un iCloud de la santé. (On aurait aimé dire « un véritable AppleCare », mais cette marque est déjà utilisée par un groupe médical.) Mais ce service ne sera pas seulement une base de données, ou alors il ne le sera pas longtemps. De la même manière que l’on ne peut pas dissocier le logiciel et le matériel, on ne peut pas dissocier les services et le matériel (comment comptez-vous alimenter le service, sans matériel ?).

Vitality Go, l’app de collecte des données d’exercices physiques de John Hancock Insurance.

Tôt ou tard, Apple vendra un « abonnement santé » qui contiendra l’appareil collectant les données et le service chargé de les interpréter. Et si elle ne le fait pas seule, elle le fera avec les assureurs, qui ont tout intérêt à subventionner la médecine préventive. Ce scénario vous semble improbable ? Il se déroule pourtant sous vos yeux : on ne compte plus les assureurs qui offrent une Apple Watch avec une remise coordonnée au niveau d’activité de l’assuré.

Les clients existants deviennent intimement liés à l’écosystème, qui n’est plus seulement un choix de marque, mais un choix de vie. Surtout, en manipulant un concept aussi universel que la santé, Apple peut attirer une nouvelle clientèle. En Amérique du Nord et en Europe, moins de 30 % des plus de 60 ans possèdent un appareil frappé d’une pomme. Quel public, pourtant, pourrait être plus réceptif au discours sanitaire de la firme de Cupertino ?

Tout cela ne se fera pas d’un claquement de doigts. Mais connaissez-vous un autre « géant » des technologies qui semble aussi en phase avec ce domaine extraordinairement réglementé, incroyablement lucratif, et profondément humain ? En conclusion de sa présentation des résultats financiers du T1 2018 d’Apple, Tim Cook avait cette phrase annonciatrice :

C’est une période passionnante pour Apple, avec le meilleur catalogue de produits et de services que nous ayons jamais eu, et plusieurs projets qui vont montrer comment les affaires peuvent être une force positive dans le monde. Nous ne pourrions pas être plus enthousiastes à l’idée de notre futur.

Humaniser la technologie, tel a toujours été le programme d’Apple, et on n’imagine pas technologie plus humaine que celle qui peut contribuer à sauver des vies. Le patron Tim Cook s’engage pleinement au bénéfice de grandes causes, comme pour faire oublier qu’il était un directeur opérationnel impitoyable, deux visages qui seront indispensables pour percer dans cette industrie complexe.


  1. La plus importante, UnitedHealthGroup, est le premier assureur santé américain. Elle pointe à la cinquième position du classement Fortune 500, juste derrière… Apple. ↩︎
  2. Dont les médecins sont indépendants, mais dont les données peuvent remonter à la maison-mère avec l’accord des patients, qui sont tous des salariés d’Apple, ou des membres de la famille des salariés. ↩︎
avatar reborn | 

Ça à pas trop l’air de plaire à l’auteur de l’article tout ça 🤔

avatar Anthony Nelzin-Santos | 
@reborn : ça fait cinq ans que je m'intéresse au sujet, mais je n'ai pas d'avis définitif sur la question, c'est d'ailleurs pour ça que je continue à écrire dessus, ça me permet de penser à voix haute.
avatar Dimemas | 

en temps que professionnel de santé, je vois d'un très mauvais oeil qu'une entreprise comme Apple deviennent un service de santé ou un acteur majeur dans la santé.

Pourquoi ?
Parce qu'Apple profite du système de santé à 2 vitesse des états unis pour se positionner en grand sauveur et en même temps tente d'évincer toute concurrence sur le net en tentant de détruire les autres systèmes.
Sauf que dans des pays comme le nôtre, ça ne marchera pas, puis qu'on a le DMP qui vient d'être lancer et pleins de projets à l'échelle du pays via des pôles d'innovation (dont je participe)et l'accès au soins est plus que correct dans notre pays contrairement au états-unis.

Ne jamais laisser sa santé à des entreprises, c'est donner son âme au diable, il n'y a pas google qui est concerné !

avatar reborn | 

Ça deviendra un acteur majeure si les clients suivent Apple

avatar bruno35 | 

Bonjour
Nous nous mettons au DMP, car nous n'avons pas le choix, sous la pression des patients et de la sécu.. Le gros défaut du DMP et qu'il s'agit d'un empilement non exploitable de pdf.
Nous mettons beaucoup de restrictions et de protections, pendant que les pays comme les USA avec google et la Chine font des bases de données.
L'IA médicale ne peut s'appuyer que sur des gigantesques bases de donnée et l'Europe ( et plus la France ) se laisse distancer complètement.
Comment comparer un empilement de pdf avec des bases de données structurées.
Pourquoi ce DMP est il un danger: car non structuré, une information comme une allergie à la pénicilline sera dans un des pdf, et cette information n'entrainera pas d'alerte dans la rédaction de l'ordonnance.

avatar Dimemas | 

apprenons à lire alors ! J'espère tout de même que vous utilisez un logiciel qui sait où positionner une information comme une allergie !
Donc comme ce n'est pas bien il faut laisser nos données au premier venu ? Jamais !

Très franchement, c'est un début, mais quand on voit comment les pays nordiques sont totalement en avance dans le domaine, je me dis qu'on serait bien bête de ne pas être indépendant dans le domaine de la santé ...
En tout cas nous ne sommes pas contraint, ça fait depuis 10 ans qu'on en parle du DMP !
Peut-être êtes-vous frileux du changement ...

avatar pagaupa | 

@Dimemas

Cela dit! Avec Buzin, on se demande à qui on confie sa santé...

avatar SuperLuminou | 

An apple a day keeps the doctor away

avatar Sorabji | 

@SuperLuminou

Joli !

avatar vomito | 

Et c’est Apple qui va continuer de payer les retraites de tous ces gens qui évitent un infarctus?

avatar ecosmeri | 

Oui en payant ses impôts! 😂😂😂

avatar oomu | 

blablablablaaa...

Deux vérités uniques, et rien qu'elles :

- les produits, concrets, en vente, qui tiennent dans la main
- le prix, le coût sur le budget, l'accès pour tous.

Rien d'autre n'a strictement une foutue importance, même étalée sur 8 paragraphes par Timmy.

-
détail, mais baah quelle importance hein, quand on est une colonie des USA : tout ce baratin, et les noms cités s'appliquent aux USA. Strictement rien qui ne soit valide pour un franchouille, vous savez, cet animal bipède qui courent encore librement dans les rues de France.

-
Mais surtout : mais j'en ai rien à foutre ze veu un Mac Pro pour moi et mon mausolée ! Si je voulais une compagnie de machines pour m'injecter de la chimie, j'irais voir mon docteur.

-
30% des plus de 60 ans ont un bidule Apple, c'est à dire un ordinateur de poche (pour faire des trucs d'ordinateurs), un ordinateur de table ou un ordinateur de poignet.

Les clients les ont achetés parce qu'ils attendaient d'apple des trucs rigolos et efficaces pour écouter de la zic, faire mission impossible sur leur poignet ou afficher des logiciels colorés sur des écrans.

Rien de ce commerce ne permet de conclure qu'il sera possible de convertir cette clientèle à une offre "santé".

Elle pourrait très bien en avoir rien à fiche, ou se tirer vers n'importe quelle Sammicroogle du jour. ou quoi que ce soit que son docteur fera acheter via une mutuelle.

Parce que nul attend Apple sur ce domaine, sauf Timmy qui en cause (et la Réalité Augmentée en Dépense, et le "Relai de CRoaAAAssance") depuis des années. Des années.

Dont le fond, je regrette toujours Stevie : la gueule fermée, l'air "je vais te donner une gifle" mais quand il parlait c'était pour dire un truc concret.

avatar reborn | 

@oomu

Steve voulait qu’Apple s’implique dans la santé.

Puis ne soyons pas naïf, d’autres vont suivre agressivement Apple.

avatar bonnepoire | 

@reborn
Exactement. Apple a lancé l'offensive. Maintenant elle doit être armée parce que la concurrence va, comme toujours, s'engouffrer dans la brèche.

Même si ça reste du business, c'est plus sain que d'autres.

Le monde médical est pourri. Les acteurs n'arrivent pas à se mettre d'accord. L'interopérabilité des systèmes est inexistant et les outils d'une autre époque. Si Apple pouvait casser ce schéma, ce serait une grande chose!.

avatar Dimemas | 

@ bonnepoire :
Et si elle était en retard ?
Parce que croit moi, elle est largement ... Apple est complètement has been dans nombre de domaine

avatar codeX | 

Si les professionnels de la santé veulent garder leurs prérogatives en la matière, il va falloir qu'ils développent d'autres arguments que celui de dire qu'Apple est has been ou que Google freine des quatre fers dans le développement de cette activité. Je me souviens de certains horloger qui prédisaient à Apple un avenir sombre dans le domaine de la montre. Apple et probablement d'autres a besoin d'un moteur de croissance. En voila un tout désigné.

avatar bonnepoire | 

@ Dimemas
Et toi t'es sacrément en retard scolaire. Tu veux un Bescherelle?

Sinon, tu peux aussi argumenter. Mais avant, consulte un Bescherelle et un Robert.

avatar Dimemas | 

et toi tu manque d'un sacré coup de pied au cul !
Mais peut-être te faut-il une éducation ?

J'adore le type qui m'insulte, n'apporte rien à la discussion alors que je suis dans le domaine et après me demande d'argumenter !

Tu sais quoi ?
Va apprendre la politesse, je n'ai rien à te dire petit gars !

avatar bonnepoire | 

Dans quel domaine au juste? La vente de bracelets?

avatar pagaupa | 

@Dimemas

« Tu sais quoi ?
Va apprendre la politesse, je n'ai rien à te dire petit gars ! »

C’est ce qui s’appelle envoyer chier notre bonnepoire (qui comme chacun le sait ici, s’y connait en tout) 😂😂

avatar Bigdidou | 

@bonnepoire

« Le monde médical est pourri. »
Paraître pourri à tes yeux est une chose très rassurante.

« Si Apple pouvait casser ce schéma, ce serait une grande chose!. »
C’est certain que le monde de la santé manque d’une nouvelle multinationale dont l’objectif est essentiellement de se refaire une santé en bourse et dont ce n’est strictement pas le métier pour devenir meilleur.

avatar webHAL1 | 

@Bigdidou
« C’est certain que le monde de la santé manque d’une nouvelle multinationale dont l’objectif est essentiellement de se refaire une santé en bourse et dont ce n’est strictement pas le métier pour devenir meilleur. »

Tu fais erreur, le profit n'est pas leur motivation, Tim Cook a déclaré que ça serait une contribution d'Apple à l'humanité. 😍

avatar bonnepoire | 

@bigdidou
C’est certain que le monde de la santé manque d’une nouvelle multinationale dont l’objectif est essentiellement de se refaire une santé en bourse et dont ce n’est strictement pas le métier pour devenir meilleur.
Et si tu parlais de choses que tu connais? Le secteur de la santé ce n'est pas que des montres... 😂

avatar Dimemas | 

ooooh c'est vrai que tu es un expert en la matière, ça se voit à des kilomètres monsieur l'expert en grammaire ! :p

En tout cas, venant d'un mec qui ose dire que le monde médical est pourri c'est hilarant !

avatar pagaupa | 

@bonnepoire

« Et si tu parlais de choses que tu connais? Le secteur de la santé ce n'est pas que des montres... « 

Parce que toi, en santé, tu t’y connais...

avatar oomu | 

"Steve voulait qu’Apple s’implique dans la santé."

Steve est mort et je ne sais rien de ce qu'il voulait (hormis vivre, ça je sais, il l'a dit plein de fois).

Je disais juste que son phrasé et son refus de parler pour rien dire me manquent. J'aimais bien sont bagout et je pense qu'il avait raison d'agir ainsi.

Ni plus ni moins.

"Puis ne soyons pas naïf, d’autres vont suivre agressivement Apple."

je ne vois pas le rapport avec ma choucroute.

Si Lego , Nestlé, Sanofi ou ma grand mère veulent suivre "agressivement" (à coup de poing donc ou des gros mots) Apple, grand bien leur fasse.

Bien que:

1: m'en fous totalement, je veux un mac pro, et mourir de mon vivant

2: que des entreprises veuillent vendre de la santé, très bien, qui suis-je pour être contre ?

3: si elles veulent le faire agressivement ou tendrement, c'est leur choix.

4: Timmy baratine. Il ne présente rien de concret. Ces articles ne nous donnent aucune information si ce n'est un "vous zaller voir ce que vous zaller voir, woudoudidiou"

Et je suis naïf si je veux, mais je ne vois pas le rapport.

Je ne parle pas de l'industrie de la santé (dont je me fiche éperdument, j'y bosse pas)
Ni du bien fondé de la stratégie d'Apple, j'en ai aucune idée, Apple ne m'ayant pas envoyé le mémo.

Je parle du propos développé dans cet article : du néant.

avatar reborn | 

5. L’utilisateur est responsable de ses choix.

avatar Bigdidou | 

@reborn

« 5. L’utilisateur est responsable de ses choix. »

Non, c’est trop facile de se débarrasser comme ça du problème. Évidemment pas.
D’une part parce qu’il n’est pas expert de la chose, manque d’informations pour juger, et puis parce que bien souvent l’assurance est imposée par l’employeur.

avatar reborn | 

@oomu

À propos de l’article c’est un édito, ça devrait être précisé d’ailleurs 🤷‍♂️

avatar bonnepoire | 

@ reborn
Plutôt une réflexion à haute voix. Ah merde, c'est indiqué ;)

avatar reborn | 

@bonnepoire

Dans le fil de commentaire, je parlais dans le titre ou en debut d’article.

avatar bonnepoire | 

@ reborn
Je sais. Mais n'encourage pas les gens à ne lire que le titre. C'est déjà trop fréquent ;)

avatar Bigdidou | 

@oomu

« 2: que des entreprises veuillent vendre de la santé, très bien, qui suis-je pour être contre ? »

Un citoyen responsable qui s’intéresse au sujet qui le concerne ou le concernera de très près ?

Je suis tous les jours effaré du désintérêt total des gens à propos de ces questions jusqu’à ce qu’ils découvrent les dégâts, les transports plus remboursés, les contraintes en durée de séjour, les contraintes financières qui s’imposent aux structures de rééducation avec un prix de journée qui s’effondre et est forcément répercuté sur la qualité des soins.

avatar pagaupa | 

@Bigdidou

Le monde est ainsi fait...il se laisse berner pendant des décennies et fait une révolution pour une goutte qui fait déborder le vase...
Un jour il y aura un refus massif de l’informatique.

avatar Bigdidou | 

@pagaupa

« Le monde est ainsi fait...il se laisse berner pendant des décennies et fait une révolution pour une goutte qui fait déborder le vase... »

Pour une fois, je suis assez d’accord avec toi.

avatar Mike Mac | 

Et comment tout ce bel horizon médical connecté va-t-il marcher sans que nos données ne filent vers les assureurs, caisses santés, vendeur d'accessoires en tous genres pour respirer , pour suer, pour s'alimenter, pour courir, pour dormir, pour contrôler la porte du frigo chez moi ou du mini-bar à l'hôtel, pour surveiller mes allées et venue au tabac du coin ....

Vous avez déjà écrit que "Le nouveau capteur de sommeil Beddit d'Apple est un cauchemar selon un premier test"

Je vous l'avais déjà dit...

Tim Cook va se transformer en Docteur Knoock !

Je le vois déjà se pencher sur moi avec sa lampe frontale, émergeant en réalité virtuelle
de mon iPhone posé sur la table de nuit :

"Ça vous chatouille ou ça vous gratouille ?"

Et l'Apple Watch Enedis +, offerte avec le compteur Linky, de m'envoyer des décharges électriques...

Je ne veux pas utiliser le nouveau stylet Apple qui fait aussi thermomètre.... Pitié !

"Le cauchemar a déjà commencé" qu'ils disaient dans une vieille série prémonitoire : les envahisseurs.

avatar reborn | 

@Mike Mac

Ça marchera pas sans, la relation sera directe entre l’assuré et les serveur de l’assureur. Apple n’est même pas intermédiaire.

Ils vont se couvrir, avec les app basées sur Carekit les données sont chez Tresorit.

https://iphone.appleinsider.com/articles/17/01/10/apple-carekit-integrat...

avatar Bigdidou | 

Hum...
Tout en expliquant, je cite :
« que les entreprises limitent au maximum leur capacité à associer des données personnelles à un individu en les anonymisant ou qu'elles s'abstiennent tout bonnement de les collecter le cas échéant » 

Et que :

« qu'il y ait un droit d'accès à ces informations pour les modifier ou les supprimer »

Je doute pouvoir supprimer ou modifier mon profil tensionnel ou ma sérologie vih une fois qu’ils seront aux mains des assurances.

Sujet passionnant à suivre de près.

avatar oomu | 

"Je doute pouvoir supprimer ou modifier mon profil tensionnel ou ma sérologie vih une fois qu’ils seront aux mains des assurances."

pourquoi cela ne sera pas possible ? Vous pensez que les assureurs seront de mauvaise foi et agiront en ogre de données contre l'intérêt de leurs propres clientèles ? Au mépris des conséquences pour la santé publique et le bien être des peuples ?

-
La question est de savoir si on pourra effacer notre phénotype, notre génome du biotope intestinal et notre sérologie VIH une fois qu'ils seront aux mains des néo-fanascistes-nazis, des GIGA-religieux crypto-boudhocathosulman et de l'Interstallarisme Totalitaire.

Que feront les gens mal intentionnés et au coeur étriqué quand un jour ils s'accapareront la manne délirante de données accumulées.

Je me souviens ce que d'autres ont fait avec les jolies infos que de sympathiques gendarmes collectaient pour simplement maintenir l'ordre démocratique de bon goût.

avatar bonnepoire | 

@ oomu
D'autant que pour moi le problème n'est pas tant les assureurs que les états qui veulent légiférer à tort et à travers. Ils veulent connecter les données à un large pannel de prestataires de soins. L'Europe commence à être pressante également et tout se fait de façon anarchique. Le seul état Européen qui a déjà posé les bases d'une réflexion solide c'est l'Allemagne. Ils sont prêts et ils s'en sont donnés les moyens.
Même au sein d'un pays, il y a tellement d'intermédiaires, de sous traitants, de sous traitants de sous traitants, que le problème de la fuite des données ne vient certainement pas des assureurs.
Il n'y a même pas de standard de communication. Le HL7 est adapté par chacun à sa sauce, le LOINC n'est toujours pas prêt. L'intégration des données est un problème récurrent. Dans ce bordel, Microsoft s'est rendu compte qu'il y avait une urgence et un vide à combler et veut héberger toutes les données de santé en Europe.
Ca c'est le vrai danger.

avatar Bigdidou | 

@oomu

« Vous pensez que les assureurs seront de mauvaise foi et agiront en ogre de données contre l'intérêt de leurs propres clientèles »

Je ne le pense pas, je ne pense jamais les choses.
Je les lis ou je les constate.
Et les assurances santé (je parle des assurances à but lucratif), oui, je constate régulièrement qu’elles agissent contre l’intérêt de leur clientèle.
Enfin, plus exactement, que nous avons une vision divergente de cet intérêt, et que soit moi, soit elles avons la volonté d’agir contre l’intérêt de notre clientèle commune.
J’aime à penser que ce sont elles.

Un exemple très concret que je vois régulièrement sont les assurances qui refusent de prendre en charge les hospitalisations dans les services spécialisés en addictologie (code DMT 214).
Je te souhaite bien du plaisir avec ces assurances pour l’ensemble de tes soins une fois qu’une addiction sera renseigné dans ton dossier médical.

Mes collègues psychiatres vivent régulièrement le même genre de problème avec des durées de séjour maximales imposées : il s’agit d’avoir pour les patients des dépressions ou des premières décompensations psychotiques bien calibrée de moins de 4 semaines (ces patients ne sont pas nécessairement en ALD s’il s’agit d’un épisode isolé ou d’un premier épisode).

Je connais mal le monde du handicap, mais on doit assister au même genre de grande bienveillance de ces assurances et ne parlons pas des situations de traitement exceptionnel ou particulièrement coûteux : il existe heureusement en France le système des ALD.

« Au mépris des conséquences pour la santé publique et le bien être des peuples ? »

La seule santé qui intéresse une assurance santé, c’est celle du portefeuille de ses actionnaires.
Sinon, elle serait comme les mutuelles à but non lucratif, non ?

« La question est de savoir si on pourra effacer notre phénotype, notre génome du biotope intestinal et notre sérologie VIH une fois qu'ils seront aux mains des néo-fanascistes-nazis »

Et qui va leur donner, à part les assurances ?
Pas moi.

avatar reborn | 

Personne ne parle de la decision de l’utilisateur de transmettre ses données à son assureur ?

avatar lmouillart | 

Pas besoin de la descision de l'utilisateur, c'est juste une question de temps.

Étape 1 : proposer le produit en expérimentation auprès des assurances.
Étape 2 : proposer des services et réductions d'assurances pour les plus motivés utilisateurs de ces produits
Étape 3 : proposer deux familles de contrats : avec ou sans santé personnelle connectée (moins cher si connecté)
Étape 4 : inversez et si vous n'êtes pas connecté a votre assurance santé vous payerez plus cher votre contrat.
Étape 5 : si vous n'êtes pas connecté, vous ne pourrez plus vous assurer sauf assurances pour les exclus et hors de prix avec prestations inexistantes.

avatar oomu | 

lmouillart si vous êtes conscient du Plan, pourquoi est-ce que cela va se dérouler ainsi ?

Est-ce parce que vous avez l'intention de rien faire ? Nous abandonner à l'Ordre Nouveau ? Ou parce que vous..en êtes complice ?

avatar Ryoka | 

Article très intéressant.
Merci de votre travail.

avatar TKZ | 

@Ryoka

+1

avatar IPICH | 

Pour l'instant, le service santé et médical français ne peux pas suivre.

avatar Steekus | 

« La santé ça n’a pas de prix »

avatar marloutini | 

black mirror welcome lol (je recherche l'auteur de cet article : https://www.watchgeneration.fr/apple-watch/2018/06/avec-watchos-5-lapple...)

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