Si beaucoup utilisent les montres connectées pour se motiver à faire plus de sport, d’autres, à l’inverse, s’en servent pour… faire moins. Dans un retour d’expérience publié sur The Verge, Arielle Duhaime-Ross raconte comment plusieurs maladies chroniques l’ont amené à utiliser ces appareils pour doser son énergie et éviter les surmenages afin de rendre les symptômes plus prévisibles au quotidien.

Arielle Duhaime-Ross vit avec un syndrome de tachycardie orthostatique posturale, un syndrome d'activation mastocytaire et un COVID long. Tout cela l’empêche de pouvoir rester trop longtemps debout et l’oblige à limiter sa dépense d’énergie en pratiquant le « pacing ». L’idée est d’anticiper ses efforts et d’alterner avec des périodes de repos en planifiant sa journée afin d’éviter une surchauffe inattendue. Autrement dit, il s’agit d’en faire moins pour éviter le crash. Plusieurs gadgets connectés l’aident dans sa pratique.
Le premier appareil adopté a été un bracelet Whoop 4, qui embarque une fonction de récupération après l’effort. Celui-ci se base sur différents facteurs (sommeil, rythme cardiaque) et sur un code couleur, le vert indiquant normalement une journée pendant laquelle on peut se dépenser et le jaune celles où il faut au contraire ne pas trop forcer. Si ce score a ses détracteurs, Arielle Duhaime-Ross explique qu’il lui a été très utile pour planifier son quotidien.
Lorsque mon niveau de récupération était au vert, je me suis rendu compte que j'étais capable d'en faire davantage […] Mais surtout, les jours où j'étais au jaune, je remarquais que j'avais davantage tendance à m'effondrer. Cette tendance était encore plus flagrante lorsque je me réveillais au rouge, c'est-à-dire dans la zone de récupération comprise entre 1 et 33 %.
Autrement dit, le bracelet lui a permis d’avoir une estimation de sa « dose » d’énergie pour la journée. Le gadget sert ici moins à optimiser des performances qu’à donner une idée de ses réserves pour les heures à venir. S’ajoute le suivi du taux d’Effort Whoop, qui permet d’évaluer l'effort cardiovasculaire et musculaire : à partir d’un certain score, c’est le moment de lever le pied.
Le bracelet Whoop n’est pas le seul à être efficace dans ce genre de scénario. De nombreux témoignages montrent que des personnes touchées par de lourdes maladies utilisent les montres Garmin ou d’autres traqueurs pour leur pratique du « pacing ». En plus de cela, le suivi constant permet d’avoir un historique à montrer à son docteur ou à ses proches traduisant une fatigue chronique.

Cependant, cela reste un détournement de ces gadgets, qui intègrent de nombreux rappels pour se dépenser pas forcément très pratique dans cette utilisation. Si les choses se sont améliorées, l’Apple Watch envoie régulièrement des notifications incitant à se bouger, ce qui peut être énervant quand on est cloué au fond du lit. C’est toute la limite des produits pensés pour encourager l’activité, alors que certains utilisateurs cherchent au contraire à mieux repérer le moment où il faut ralentir.
De jeunes entreprises se sont lancées sur ce marché, comme Visible. Elle propose un bracelet Polar360 similaire à celui de Woop couplé à une application optimisée pour le suivi des maladies. Celle-ci embarque un système de points d’énergie et des alertes si jamais le quota est dépensé trop vite. Le système peut également aider à connaître les activités les plus énergivores (un sport où l’on se tient debout longtemps peut fatiguer plus qu’une promenade en vélo). Visible a aussi l’avantage de réduire un peu la charge mentale, en évitant d’avoir à consulter ses courbes en permanence.
Polar360 : un concurrent au bracelet Whoop destiné aux entreprises
Malheureusement, le produit de Visible ne suit pas le sommeil, poussant Arielle Duhaime-Ross à le porter en complément d’un bracelet Whoop. Une expérience qui a un prix, les deux fonctionnant sur la base d’un abonnement pour un total de 50 $ par mois. L’app watchOS MindfulPacer propose un système similaire gratuitement impliquant tout de même d’entrer plusieurs données à la main. Aucune solution n'est parfaite, et on peut espérer qu'Apple se penchera sur cette utilisation dans les prochaines versions de watchOS.












