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AsteroidOS 2.0 sauve les montres sous Wear OS de l'obsolescence logicielle

Pierre Dandumont

lundi 23 février à 11:50

Android Wear

Dix ans après la première version, AsteroidOS passe en version 2.0. La première version, en 2016, permettait de remplacer le système d'exploitation de quelques montres connectées — pas les Apple Watch —, la seconde fait la même chose pour plus de produits.

Quelques captures de l'interface.

AsteroidOS est là pour remplacer notamment Wear OS (anciennement Android Wear), le système d'exploitation de Google. Ce n'est pas une ROM Android comme on pourrait en trouver sur des smartphones, mais une distribution GNU/Linux adaptée, pensée pour les montres. Le système n'est pas aussi complet que Wear OS, dans le sens où il ne propose pas d'App Store, mais il a plusieurs apps installées en standard : un agenda, un gestionnaire d'alarme, un lecteur de musique, etc. Il est toujours possible d'installer des apps manuellement, par ailleurs. Les montres sous AsteroidOS ne nécessitent pas stricto sensu un appareil supplémentaire (alors qu'une Apple Watch impose un iPhone) mais il existe des applications de synchronisation pour Android.

AsteroidOS offre actuellement les bases nécessaires pour des montres connectées, mais pas toutes les fonctions. Il n'est par exemple pas possible de passer des appels, même sur une montre équipée d'un modem cellulaire. La version 2.0 a tout de même ajouté la prise en charge des écrans allumés en permanence, des capteurs de fréquence cardiaque, de la boussole, du Bluetooth (audio et HID, c'est-à-dire clavier, souris, etc.). Il y a aussi de nombreux changements sur les apps, la prise en charge de 49 langues, etc.

De nombreuses montres supportées

La liste des montres qui accepte AsteroidOS 2.0 est assez large : OPPO Watch, TicWatch Pro (2018/2020), Pro 3, C2, C2+, E & S, LG Watch Urbane, G Watch, G Watch R, Watch W7, Motorola Moto 360 (2015), Asus Zenwatch 2, Zenwatch 1, Zenwatch 3, Huawei Watch, Watch 2, Polar M600, Fossil Gen 4, Gen 5 et Gen 6. Les Casio WSD-F10 et WSD-F20 sont prises en charge de façon expérimentale, comme la LG Watch Urbane de seconde génération, la Motorola Moto 360 de 2014, la Sony Smartwatch 3 et les Samsung Gear 2 et Gear Live. Une page donne les fonctions acceptées et le site officiel explique en détail comment installer le système.

Une partie des montres prises en charge.

Dans l'ensemble, le projet est intéressant car il permet de corriger le côté jetable des montres connectées, surtout quand la prise en charge est courte du côté du fabricant. Sur les montres connectées, il y a fréquemment une obsolescence matérielle forte (liée en simplifiant à la durée de vie de la batterie mais aussi aux performances des systèmes sur puce) mais aussi une obsolescence logicielle. Avec les évolutions des systèmes d'exploitation, certaines montres qui étaient à peu près utilisables au départ deviennent lentes avec le temps (oui, nous pensons aux Apple Watch). AsteroidOS permet au moins de garder un appareil utilisable, même si certaines fonctions sont absentes.

Apple Glass : comment Cupertino compte doubler Meta sur le terrain des lunettes connectées

Christophe Laporte

lundi 23 février à 06:30

Apple Vision

Toutes les rumeurs convergent : Apple devrait investir le segment des lunettes connectées d’ici 12 à 18 mois. Ce n’est un secret pour personne, quand la firme de Cupertino se lance sur un nouveau marché, elle arrive rarement la première. Mais elle arrive souvent avec une proposition qui redéfinit les attentes. Contrairement au secteur des casques de réalité virtuelle, qui peine encore à trouver son second souffle, celui des lunettes « intelligentes » affiche une santé de fer. Au premier semestre 2025, le secteur a bondi de 110 % selon une étude de Counterpoint Research. Apple a donc une carte maîtresse à jouer, mais une question demeure : comment compte-t-elle se distinguer de Meta, véritable fer de lance du domaine ?

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Apple Pin, Apple Experience, de toutes les couleurs : la semaine Apple

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L’assurance de Cupertino face à l’expérience de Meta

Mark Gurman, toujours bien informé sur les coulisses de l'Apple Park, apporte un éclairage intéressant sur la stratégie interne. Malgré l'avance considérable de Meta qui occupe le terrain depuis un certain temps déjà, les équipes d'Apple affichent une confiance inébranlable.

Si la différence se jouera évidemment sur le terrain logiciel, avec un duel annoncé entre Siri et Meta AI au cœur de leurs écosystèmes respectifs, Apple entend marquer sa différence sur le matériel. Pour justifier son positionnement premium, la marque à la pomme miserait sur des matériaux plus haut de gamme, mais surtout sur une architecture optique radicalement différente.

Concept imaginé à l’aide d’une IA

Le choix de la multiplication des capteurs

C’est sur la partie photo et vidéo que le fossé technologique pourrait se creuser. Actuellement, l’approche de Meta (notamment sur les Ray-Ban Meta) repose sur une certaine polyvalence matérielle : un capteur unique doit jongler entre les fonctions de vision par ordinateur (basse consommation) et la capture de médias en haute résolution.

À l'inverse, Apple privilégierait la spécialisation. Selon les sources proches du projet, les lunettes de Cupertino embarqueraient plusieurs caméras dédiées. Concrètement, chaque objectif aurait sa fonction propre : certains seraient réservés à l'analyse de l'environnement pour l'intelligence artificielle, tandis que d'autres s'occuperaient exclusivement de la prise de vue.

Le défi du prix : l'écueil à éviter

Toutefois, cette débauche de technologie ne devra pas se faire au détriment de l'accessibilité. Après l'accueil mitigé réservé au Vision Pro, principalement en raison de son tarif prohibitif, Apple devra faire attention à ne pas reproduire la même erreur.

Pour que le grand public saute le pas, Cupertino devra trouver le juste équilibre entre l'excellence matérielle et un prix qui ne réserve pas le produit qu'à une poignée de technophiles fortunés.

Image : Meta

Deux philosophies qui s'affrontent

En résumé, cette divergence technique illustre parfaitement la philosophie des deux entreprises. D'un côté, Meta cherche l'efficacité et l'intégration la plus fine possible dans un design classique à prix contenu. De l'autre, Apple semble prête à complexifier son matériel pour garantir une qualité d'image et une précision de reconnaissance supérieures. Pour l'heure, chaque camp est persuadé de détenir la formule gagnante. Reste à savoir si les utilisateurs préféreront la légèreté de l'approche de Meta ou la puissance de feu technologique promise par Apple. Dernier argument en faveur de Cupertino : la vie privée, mais ce ne sera sans doute pas suffisant pour faire la différence auprès du grand public, si le reste n’est pas à la hauteur.

Les Ray-Ban Meta, sujet de friction dans les zones réglementées

Greg Onizuka

vendredi 20 février à 19:30

Wearables

Si le temps de la surprise et du rejet provoqué par les lunettes prototypes vendues par Google en 2013 semble loin, ce n’est pas pour autant que les lunettes connectées sont maintenant acceptées partout, comme le remonte The Verge.

C’est design, connecté, mais ça peut aussi vous rapporter de gros ennuis. Image Ray-Ban/Meta.

Une mise en garde claire et précise

Pour son audition dans le procès qui implique Meta et sa façon de gérer l’addiction des jeunes aux réseaux sociaux, Mark Zuckerberg est arrivé avec une équipe portant chacun une paire de Ray-Ban Meta. La mise en garde ne s’est pas fait attendre de la part de la juge Carolyn Kuhl : elle a rapidement signalé que tout enregistrement effectué à la cour devrait être effacé, sous peine de sanctions pénales :

Si vous avez fait ça [enregistrer des éléments du procès], vous devez supprimer cela, ou vous serez reconnu coupable d’outrage à la cour.

Suite à cet avertissement, elle a exigé que chaque membre de l’équipe se sépare de ses lunettes connectées. Malgré tout, l’un des acolytes de Mark Zuckerberg portait visiblement encore les siennes dans le hall du palais de justice, et a dû justifier qu’aucun enregistrement n’a été effectué afin d’éviter des poursuites.

Test des lunettes Ray-Ban Meta : un appareil photo en toutes circonstances

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Plus près de nous, un soupçon d’espionnage industriel

En France aussi, ces lunettes indiscrètes ne sont pas les bienvenues partout, et soulèvent des inquiétudes, voire des soupçons sur le comportement de certains employés. Ainsi, c’est sur la chaîne de montage du Rafale qu’un intérimaire de 19 ans a été interpelé récemment portant des Ray-Ban Meta sur son lieu de travail.

Porter des lunettes connectées sur le lieu de fabrication d’un avion de chasse n’était pas très malin... Image Wikipedia/Tim Felce, CC BY-SA 2.0.

Si l’enquête a révélé que le jeune de 19 ans n’avait au final pas utilisé ses lunettes pour prendre en photo des éléments confidentiels, cette histoire lui aura valu une enquête officielle et une garde à vue sur soupçons d’atteinte aux intérêts de la Nation, vol de données et violation du secret de fabrique. S’il s’en sort blanchi pour l’utilisation supposée des lunettes connectées, il devra en revanche répondre d’une autre accusation devant le tribunal, ayant pris des photos du câblage qu’il devait effectuer sur la partie avant de l’avion avec son téléphone portable : il sera donc jugé pour exécution non autorisée de dessin, levée ou enregistrement dans une zone interdite.

Un rappel que tout n’est pas permis

Que ce soit aux USA comme en France, ces mises en garde ou accusations rappellent que l’utilisation d’un appareil photo, qu’il soit dans un smartphone ou dans des lunettes connectées, n’est pas autorisée partout, tant s’en faut. Suivant les lieux, leur utilisation peut valoir à leur porteur une simple mise en garde, mais aussi aller jusqu’à des peines de prison.

Ray-Ban Meta Display : le lancement en France renvoyé aux calendes grecques

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Concernant le cas précis des lunettes connectées, si ces deux cas sont les premiers remontés publiquement, leur diffusion de plus en plus grande avec des utilisateurs toujours plus nombreux amènera à n’en pas douter ce type de problèmes à se multiplier dans les années à venir... jusqu’à ce que des règles bien précises finissent par être placardées sur tous les bâtiments concernés, rappelant de laisser ces appareils à l’entrée ?

Le métavers n'est pas un échec pour Meta, mais Horizon Worlds l'abandonne pour se tourner exclusivement vers le mobile

Pierre Dandumont

vendredi 20 février à 12:05

Réalité virtuelle

Souvenez-vous : en octobre 2021, le groupe Facebook devenait Meta1, pour mettre en avant le métavers. Et vous vous souvenez du métavers ? C'était le mot à la mode entre le cloud et les NFT, un peu avant l'IA. En tout cas, chez Meta, on n'y croit visiblement plus. La version pour le travail d'Horizon Worlds a été fermée en début d'année et le monde virtuel va devenir un produit exclusivement mobile.

Meta veut doubler la production des lunettes connectées et lève le pied sur la VR

Meta veut doubler la production des lunettes connectées et lève le pied sur la VR

Le post de blog de Meta est assez clair sur ce point : Horizon Worlds va être séparé de la plateforme de réalité virtuelle Quest VR, pour devenir un produit pensé pour les appareils mobiles uniquement, un peu à la manière de Roblox ou Fortnite (qui est devenu avec le temps une plateforme plus qu'un jeu). Bien évidemment, Meta va continuer à développer la réalité virtuelle : cette séparation est là pour permettre aux développeurs de se concentrer clairement sur chacune.

La réalité virtuelle n'est pas un échec, mais ça n'a pas marché. Image Meta.

Plus largement, l'engouement sur la réalité virtuelle a été largement surestimé, et Andrew Bosworth (responsable de la division Reality Labs) en est conscient. Il considère que l'industrie de la réalité virtuelle ne s'est pas développée autant que prévu, ni aussi vite que Meta l'avait imaginé, mais ça ne veut pas dire que c'est un échec, juste que ça n'a pas marché. Et Meta va continuer à développer des casques : la société explique que même sans avoir sorti de nouveau casque en 2025, les résultats restent bons. Les achats des clients actuels augmentent (+13 %) et Meta annonce plus d'un million d'abonnés actifs pour son offre Meta Horizon+.

Meta Horizon+ propose des jeux. Image Meta.

Pour autant, ce sont bien les développeurs tiers qui sont mis en avant : 86 % du temps passé avec un casque sur la tête se fait sur des applications qui ne viennent pas de chez Meta.

Le métavers a fait perdre 4 milliards de dollars à Meta au premier trimestre

Le métavers a fait perdre 4 milliards de dollars à Meta au premier trimestre

Reste que même si le post se veut positif, avec une phrase comme « Ce voyage est terminé à 1 % » (qui sous-entend qu'il reste 99 % à faire), le message n'est tout de même pas très engageant pour l'avenir du métavers et de la réalité virtuelle. Et le focus sur l'IA qui est actuellement en cours n'est pas non plus un succès retentissant, tant la concurrence est rude dans ce domaine (et Apple l'a bien vu, avec Apple Intelligence).

Meta : l’équipe de rêve dédiée à l’IA se fissure déjà

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  1. On peut même se demander si le nom restera ou si Mark Zuckerberg décidera un jour de renommer le groupe avec un nom tourné vers l'IA.  ↩︎

Apple Event du 4 mars : et si Apple en profitait pour passer la cinquième sur la F1 et le Vision Pro ?

Greg Onizuka

jeudi 19 février à 21:20

Apple Vision

Le 4 mars, Apple prépare une « Apple Experience » aux quatre coins du monde, afin fort probablement de présenter ses nouveaux produits... Cependant, le timing est aussi parfait pour d’autres annonces concernant la nouvelle marotte du constructeur : la Formule 1.

Une telle vue embarquée avec un Vision Pro pourrait être très intéressante... pour les estomacs bien accrochés. Image Formula One.

C’est John Gruber qui lance l’hypothèse l’air de rien, par l’intermédiaire de son blog, rappelant qu’Apple n’en est pas à son coup d’essai en la matière : elle propose déjà des sessions en direct de la NBA sur Vision Pro, permettant une immersion totale dans les matchs de basket des Lakers.

On a regardé un match de NBA en vidéo immersive sur Vision Pro : une première impressionnante, mais perfectible

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Or, le 4 mars tombe certes en pleine semaine (ce qui est déjà peu commun pour une présentation Apple), mais intervient surtout 48h avant le lancement de la saison 2026 de F1, dont les essais libres commencent le vendredi 6 mars pour une première course le dimanche 8 mars à Melbourne, en Australie.

Si une diffusion en direct pour Vision Pro n’est pas encore à l’ordre du jour, tant la mise en place d’un tel flux sur des monoplaces relève du défi technique, Apple pourrait très bien en profiter pour lancer une démo technique comme elle en a le secret, donnant ainsi au quidam (équipé d’un Vision Pro tout de même) la possibilité de se mettre dans la peau de Max Verstappen, Lando Norris ou encore Charles Leclerc l’espace d’un instant, pouvant voir et entendre dans toutes les directions depuis le cockpit d’une monoplace de F1.

Vision Pro, Shot on iPhone : Apple à la fête à la soirée de présentation de la nouvelle F1 de Red Bull Racing

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Ce type d’expérience, commencée avec la NBA, est de toute manière amenée à s’étendre à d’autres sports et événements organisés avec la pomme comme sponsor, et Apple ne s’est pas cachée de vouloir créer « de nouvelles façons de profiter de la F1 ». Pour le moment réservée au Vision Pro, une telle expérience serait amenée à s’étendre une fois Apple capable de mettre sur le marché ses lunettes de réalité augmentée, projet au long cours s’il en est. Et l’idée n’est pas aberrante : l’une des plus grosses limitations du Vision Pro à sa sortie (et encore maintenant) était le manque de contenus. En profitant de son levier immense de par ses partenariats, Apple pourrait corriger cette erreur avant même la sortie de produits plus avancés ou plus grand public.