Chris Nolet et Ryan Burgoyne travaillaient ensemble à Cupertino, au sein de l’équipe du Vision Pro, avant de tenter leur chance avec un matériel dédié à l’IA. Alors que bien d’autres avant eux ont échoué, Humane également créée par d’anciens d’Apple en tête, le duo espère convaincre avec le « Button ». Ce petit accessoire peut se porter sur un vêtement, dans l’esprit de l’iPod Shuffle carré pour les plus anciens sages parmi nous, ou alors être gardé dans une poche. Comme son nom le suggère, il prend essentiellement la forme d’un bouton que l’on presse pour parler à un modèle de langage.
La vidéo est indéniablement soignée, on sent l’influence du marketing d’Apple. Sans aller jusqu’à dire que c’est de la science-fiction, les échanges semblent bien trop rapides pour être crédibles, sachant que le Button est loin d’être autonome. Ses concepteurs essaient de troubler le message, en indiquant que c’est un ordinateur né à l’ère de l’IA et en laissant entendre que tous ceux qui ont précédé, smartphone compris, sont désormais dépassés :
Chaque ordinateur utilisé aujourd’hui a été conçu avant l’arrivée de l’IA. Téléphones, ordinateurs portables, montres : tous ont été pensés pour un monde antérieur aux modèles de langage. Button est un minuscule ordinateur conçu dès l’origine pour l’IA. Il se clipse sur un vêtement ; une pression permet de parler, et il répond en une demi-seconde. Il exécute des « apps vocales » qui reposent sur une architecture spécialement pensée pour la rapidité : lorsque l’on parle à un ordinateur, tout doit être instantané.
Sauf que le Button dépend toujours d’un smartphone à proximité pour lui fournir son lien à internet. On ne sait pas exactement ce qui est géré sur le petit module à accrocher à un vêtement, mais on sait que le modèle de langage sous-jacent tourne sur des serveurs distants. La promesse d’une réponse en une demi-seconde semble trop belle pour être vraie dans ces conditions, même s’il faut relever que le journaliste de Wired qui a pu tester un prototype a obtenu une réponse effectivement rapide, en une seconde environ d’après son témoignage.
Par rapport à l’AI Pin de Humane ou encore au Rabbit R1, le Button a pour lui une simplicité qui est bien dans l’esprit d’Apple. Pas de caméras ici, le design semble soigné avec de l’aluminium joliment arrondi, une prise USB-C pour charger sa batterie et un seul gros bouton sur la façade. Ce dernier active l’écoute, sans cela l’appareil reste normalement inerte. C’est un aspect positif dans cette catégorie, au moins l’utilisateur reste en contrôle. En contrepartie, le produit sera aussi moins utile : il nécessite d’avoir une main de libre, il n’a aucune idée de l’environnement faute de caméra… bref, c’est l’équivalent d’un assistant comme Siri ou du mode vocal de ChatGPT, mais déporté sur un vêtement.
Est-ce qu’un tel appareil peut être utile ? Pourquoi pas, même si on peut aussi objecter que des AirPods seront tout aussi compétents et bien mieux adaptés dans la plupart des situations. Le principal avantage du Button est de pouvoir servir dans des environnements où les écouteurs seraient un problème. Est-ce que ça vaut les 229 $ (196 € HT) demandés par ses concepteurs, suivis d’un abonnement facturé 8 $ (7 € HT) par mois ? Les Américains peuvent tenter l’expérience en précommandant un exemplaire à 50 $ de moins, les livraisons étant promises à partir de décembre 2026.
Au lancement, seul l’iPhone et iOS seront pris en charge, même si Android sera ajouté par la suite. Ajoutons que l’abonnement reste optionnel, à condition de fournir une clé d’API pour un modèle existant. Dans l’ensemble, ce sont de meilleures conditions qu’avec l’AI Pin, qui voulait entièrement remplacer le smartphone. Reste quand même à savoir si ce sera suffisant pour convaincre. Pour rappel, l’appareil de Humane n’a même pas dépassé l’année d’existence avant de disparaître…
Humane arrête les frais : l’AI Pin disparaît immédiatement et l’entreprise est vendue à HP
















