Ma plongée dans VRChat, le métavers avant Meta

Félix Cattafesta |

Fin octobre, Mark Zuckerberg annonçait que Facebook devenait Meta et que son groupe se dédiait désormais entièrement à la création d'un métavers. Ce nouveau mot à la mode, qu'on retrouve partout en ce moment à côté de « NFT », fait aussi peur qu'il fait rêver.

Vous imaginez un monde virtuel où votre double numérique discuterait avec d'autres avatars, jouerait à toutes sortes de jeux et participerait à des évènements, le tout dans des environnements dépaysants et originaux ? Une idée folle pour le commun des mortels, mais pas pour les amateurs de VRChat. Pour eux, cette annonce n'a provoqué au mieux qu'un haussement de sourcil interrogateur, car ils ont déjà accès depuis un bon bout de temps à un simili-métavers, dans lequel j'ai plongé à mon tour.

VRChat, le métavers avant l'heure ?

VRChat est une plateforme sociale virtuelle lancée en 2017 principalement pensée pour la VR. Il est aussi possible d'y prendre part sans casque, mais l'intérêt est alors plus limité. S'il n'est pas sorti sur Mac, le « jeu » est disponible sur PC et également dans une version native à l'Oculus Quest, le casque de VR de Meta. Difficile de qualifier VRChat de véritable jeu : le concept se rapproche plus d'un Second Life ou d'un PlayStation Home en réalité virtuelle que d'un Half-Life Alyx, même si l'aspect ludique n'est pas oublié.

En lançant VRChat, on est invité à choisir parmi une immense sélection de cartes permettant de rejoindre un serveur pouvant compter plusieurs dizaines de joueurs. Les maps sont très variées : on trouve de très classiques bars, discothèques et autres cinémas, tandis que d'autres sont plus créatives et s'inspirent d'univers connus (Les Simpsons, Mario, Harry Potter…). Certaines sont carrément farfelues et reprennent des concepts de jeux (Among Us, Squid Game) ou proposent des expériences originales. Il est souvent possible de s'adonner à des activités comme des mini jeux, mais la plupart des cartes sont contemplatives et incitent juste à discuter avec les gens rencontrés.

Deux joueurs regardant un film dans VRChat.

avatar iftwst | 

Flippant.

Le réel paraîtra un jour ou l’autre plus fade/contraignant/compliqué que ce nouveau « monde parallèle » et certains voudront y « vivre » en permanence.

avatar oomu | 

@iftwst

ben heu non.

pourquoi donc ?

Si ça se trouve on fera jamais mieux que le sirocco le soir assis contre un pin un bon livre de Tolkien, près de la rivière à Chisa.

pourquoi cela serait possible ? pourquoi cela serait désirable ? pourquoi cela irait de soi ?

vous savez ce que ce genre de propos a existé à chaque nouveau bidule.

Ex: lors de la révolution industrielle (la vapeur en gros), il était craint que les gens deviennent indolents à force de machine mécanique. Puis on a vu que c'était de la merde la mécanique (c'est lourd, ça consomme, c'est cher, l'huile c'est naze, etc)

puis les débuts de l'informatique c'était pareiiiiiil , dés les années _70_s , puis on a vu que c'était nul les écrans, les bips, etc. Les gens ont continué à marché dans Paris... Paris... le truc le plus laid entre entre Bruxelles et Bonifaccio...

etc. etc.

Et puis, votre propos, le "flippant", c'est globalment ce que quasiment tout le monde pense (ou a écrit dans des forums, des journaux, etc) !

Alors y a un truc, soi un jour, vous et vos congénères (c'est à dire quasiment tous les humains),vous "basculez" (par un coup de magie ? ou de rayon gamma... on sait po) et vous devenez des "convaincus"
ou vous disparaissez, remplacé par des jeunes encore + débiles que d'habitudes.. (sachant que les jeunes sont bêtes depuis la nuit des temps et les vieux complètement à la ramasse depuis tout autant)

etc.

Mon point est: Pourquoi ?

REgardez l'état de Facebook, c'est l'un des sites les plus détestés du monde, en cours de se faire réguler de la tête au pied. et le grand public d'en avoir rien à fiche.

Pourquoi cela ne serait pas la même chose avec un bidule inutile qui faut se farcir un demi casque de moto sur la tête ?

Bien sur on peut fantasmer la technologie du futur.. mais si ça se trouve ça sera naze la technologie du futur. Regardez le 21e siècle, on est même pas foutu de décoller avec un policier dans une voiture volante pour respirer une bonne bouffée de gasoil bien toxique...

on ne sait pas la tournure que peuvent prendre les choses et bien souvent c'est juste "borf..."

avatar koko256 | 

@oomu

"Paris... le truc le plus laid entre entre Bruxelles et Bonifaccio..."
Le troll à deux sesterces...

avatar oomu | 

ça résume bien ce que je pense des fantasmes de monde virtuels tenus par une entreprise privée et lourdingue.

avatar Giloup92 | 

Est-ce que ça finira en flop comme Second Life ?

avatar snorky22 | 

En fait ça me rappelle le tout début d’internet, et plus avant des CD-ROM, où on trouvait une créativité incroyable.

Et puis c’est passé (en tout cas pour moi).

avatar Lu Canneberges | 

Merci Félix d’avoir donné de ta personne, hâte de lire ça !

Étant un « jeune » dont il est à la mode d’accuser de tous les maux depuis 5000 ans, il me semble que le monde actuel est déjà assez horrible, écœurant et terrifiant pour justifier que beaucoup veuillent en trouver le plus d’échappatoires possibles (et ce n’est pas comme si l’art, la drogue, la littérature, la religion, le jeu, l’alcool, le voyage, l’isolation, la socialisation, l’introspection, le sport, la randonnée, la nage ou la philosophie le font depuis des millénaires), ne parlons pas du monde qui arrive que les anciennes générations nous ont préparé : catastrophes climatiques, guerres civiles d’identité et globales d’accès aux ressources, que ce soit l’eau ou l’énergie, totalitarismes, sociétés policières, dictatures numériques monopolistiques…

Alors s’il est question d’un nouveau loisir qui ne soit qu’une « parenthèse » à la « vie réelle », comme l’humanité en a toujours inventé, profité et abusé, je ne vois pas le problème et au contraire j’en comprends l’enthousiasme.

S’il s’agit d’en faire demain la nouvelle place publique, la nouvelle rue, le nouveau réseau social majoritaire, le nouveau média ultime, voire la nouvelle « vie », alors il me semble qu’il est éminemment vital qu’en tant que société démocratique nous en discutions intelligemment et surtout, surtout, que nous empêchions qu’une seule entreprise privée — d’autant plus dénuée de toute éthique et déjà exposée pour ses fautes morales, ses abus coupables et ses pratiques extrêmement dangereuses, tant pour la démocratie que pour la santé mentale et la liberté — ne puisse en avoir la maîtrise totale, le contrôle absolu, et en somme la vie et l’avenir de millions (milliards) de personnes entre ses mains.

Peut-être cela pourrait-il passer par une plateforme d’accès universelle décentralisée et gérée collectivement ? Elle permettrait un égal accès à chaque individu et la possibilité pour chaque organisation (entreprise, association, groupe amical, État…) d’y ouvrir un portail d’accès vers sa propre expérience, de manière à ce que par exemple l’entreprise qui possède les casques de réalité virtuelle ou l’accès à internet ne puisse pas devenir un monopole et évincer toutes les autres, et que tout le monde puisse y participer quel que soit son système d’exploitation et son matériel.

Internet, le http(s), le mail, le Wi-Fi, le Bluetooth, l’USB-x, mais aussi l’électricité, l’alphabet, la route… ont bien montré qu’il était possible de construire des standards accessibles à tous et toutes sans monopole privé, distorsion de concurrence ou contrôle absolu d’une seule entité. Les normes universelles, les standards interoperables et les plateformes décentralisées montrent qu’il est possible de construire des infrastructures planétaires et des marchés d’appareils et services extrêmement divers et solides. Donc faire un consortium qui rassemble toutes les entreprises privées concernées, du logiciel et du matériel, les entreprises et associations du contenu, les organisations des particuliers et acteurs civiles, et évidemment les organes de régulation et une représentation des États… pour faire une plateforme ouverte et un standard universel du « MÉTAVERS »… me semble envisageable, peut-être possible et souhaitable, en tout cas discutable collectivement.

Bref, les prochaines années s’annoncent passionnantes au moins autant qu’elles ne seront angoissantes !

avatar cyrcle | 

@Lu Canneberges

Merci à Félix pour cet article et à toi pour ce commentaire !

avatar sigmanet15 | 

Je me demande : comment se sentiront ces joueurs lorsqu'ils devront (forcément) retirer leur casque ? Je me souviens ado arrêter ma partie de jeu vidéo et sentir "un petit coup de mou", et pourtant ce n'était pas immersif comme maintenant, et sans interaction sociale. Ils devront pourtant bien retirer leur casque pour manger (quoi que...), se doucher, aller à l'école/au travail (à moins que cela se passe aussi en ligne), ou simplement bouger leur corps physique !

Ces gens ne seront-ils pas totalement déprimés de revenir à la vie réelle ? Cela me fait penser à Inception, dans la scène où des rêveurs se rejoignent pour des rêves ensemble, très longs. Où "leur vie" est le rêve et plus la vraie vie.

Sauf que dans notre cas, le temps s'écoulera de la même manière en ligne ou hors ligne. Cette génération de joueurs va être totalement désorientée et déprimée... Non 🤔 ?

avatar Glop0606 | 

« Choisis la pilule bleue et tout s'arrête, après tu pourras faire de beaux rêves et penser ce que tu veux. Choisis la pilule rouge : tu restes au Pays des Merveilles et on descend avec le lapin blanc au fond du gouffre. »

avatar frankm | 

La pauvre génération Instagram BFMTV

avatar jujulec | 

Veni, vidi, vomi...

Pour les addicts, l'oreille interne va réguler "naturellement" tout ça ! et comme les plus solides ont déjoués leurs sens en étant pilote de chasse, de F1 ou astronaute ils auront vraisemblablement autre chose à f.... qu'à passer leur temps avec un casque VR sur la tête...

avatar ando | 

Quelle coïncidence je testais hier cette application depuis le Quest 2

CONNEXION UTILISATEUR