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Test des AirPods : plus que des EarPods sans-fil

Anthony Nelzin-Santos

Friday 23 December 2016 à 20:30 • 100

Matériel

« Donc ils ont juste coupé le fil des EarPods ? », « on dirait une boite de fil dentaire », « il a l’air malin avec ses cotons-tiges coincés dans les oreilles… » : Apple s’attendait sans doute à ce que les AirPods provoquent ces moqueries. Elle ne s’attendait pas à les entretenir pendant trois longs mois, le temps de régler quelques problèmes de dernière minute. Mais enfin, les AirPods sont en vente.

« En vente », mais pas tout à fait disponibles. Les précommandes ont été honorées, mais les nouvelles commandes ne seront pas livrées avant quelques semaines, et les boutiques Apple sont réapprovisionnées au compte-goutte. Pour rendre votre attente encore moins supportable, ou pour vous décider à (ne pas) dépenser 179 €, voici notre test des AirPods.

Pas seulement des EarPods sans-fil

Je dois jouer des coudes pour travailler avec mon MacBook Pro dans le dernier café à la mode, et je passe pour un vieux croulant lorsque je touche mon iPhone avec l’index plutôt qu’avec le pouce. Mais je sens toujours les regards se poser sur mon poignet lorsque ma manche dévoile mon Apple Watch en remontant, et je dois avouer être vaguement gêné par les questions que posent maintenant les AirPods. La vie des journalistes techno est tellement difficile, surtout depuis qu’ils doivent porter les appareils qu’ils testent.

Parce qu’ils sont presque aussi visibles que le nez au milieu de la figure, les AirPods ne passent pas inaperçus. Vos voisins de métro jetteront un coup d’œil en entendant le petit « clac » à la fermeture du boitier. Ils commenceront à tourner la tête pour vous regarder en extraire les AirPods. Ils cacheront mal leur surprise lorsque vous mettrez ces petits bidules blancs dans vos oreilles. Et puis ils finiront par en acheter une paire, ou une paire d’écouteurs sans-fils concurrents, et tout rentrera dans l’ordre.

En attendant, les AirPods auront l’apparence futuriste de toutes les nouvelles technologies, alors même qu’ils rappellent d’anciens produits de la firme de Cupertino. Il y a un peu d’iPod, un peu de MacBook, et un peu d’iPhone 3GS dans ce produit alliant le polycarbonate à l’acier poli. C’est rond et c’est agréable à l’œil comme au toucher, ce n’est absolument pas recyclable et particulièrement sensible aux rayures, on se croirait revenu au milieu des années 2000. De fait, les AirPods dérivent directement des EarPods, qui accusent déjà quatre ans.

Même si les AirPods n’étaient que de simples EarPods sans fil — ce qu’ils ne sont pas — ils seraient bien différents des EarPods. L’absence de fil change tout, mais pas forcément pour les raisons invoquées par tant de commentateurs. Certes, le fil empêche souvent les écouteurs de tomber par terre. Mais c’est souvent à cause du fil que les écouteurs sortent des oreilles en premier lieu ! C’est un poids mort qui tire les oreillettes vers le bas, voire les arrache s’il est tiré ou se prend dans les vêtements, et qui propage les bruits générés par les frottements.

EarPods contre AirPods.
EarPods contre AirPods.

La construction des moniteurs pour les musiciens, ou des écouteurs pour les sportifs, montre comment atténuer ces problèmes — à défaut de les résoudre complètement — en changeant la direction du fil. On peut sinon le supprimer purement et simplement : reste alors à savoir si les écouteurs tiennent dans l’oreille, et donc si le filet de sécurité était bien nécessaire. De l’avis de la moitié de notre rédaction et d’une dizaine de personnes extérieures, les AirPods tiennent correctement et confortablement dans l’oreille, même en essayant de provoquer leur chute.

Leur « tête » est légèrement plus volumineuse que celles des EarPods, et épouse peut-être un peu mieux la forme du conduit auditif externe. Leur tige est plus longue et surtout plus lourde, puisqu’elle contient de nombreux composants électroniques, et agit ainsi comme un balancier.

Aux rayons X chez iFixit, on distingue bien les deux longues et fines batteries

L’ensemble est parfaitement resté en place dans mes tests : j’ai eu beau secouer la tête, me battre pour sortir du métro bondé, et descendre un chemin défoncé en VTT, jamais les AirPods ne sont tombés de mes oreilles. Pas plus qu’ils ne sont tombés des oreilles de mon collègue Mickaël, dont la routine matinale est un véritable parcours du combattant :

Utilisés durant une séance sportive de deux heures, les écouteurs sont sagement restés dans les oreilles. Vingt minutes d’échauffement musculaire avec la tête majoritairement en bas ou penchée, une quinzaine de minutes de travail sur les abdos avec là aussi le chef à l’horizontale, du vélo stationnaire et enfin vingt minutes de tapis : rien à faire, les AirPods ne bougent pas.

C’est d’autant plus miraculeux qu’il arrivait souvent qu’un écouteur EarPods (souvent le droit) finisse à un moment ou à un autre par dévisser de l’oreille en raison de la sueur et de la tension exercée sur le fil [NdR : puisque l’on parle de sueur : officiellement, les AirPods ne sont pas étanches, et Apple demande à ses vendeurs de diriger les clients sportifs vers d’autres écouteurs]. Dans les mêmes conditions, les AirPods ont montré une bien meilleure résistance.

Dans la salle de gym, Les AirPods ont une autre qualité : les mouvements ne sont pas entravés. C’est bête à dire, et c’est le cas pour tous les casques ou écouteurs Bluetooth, mais l’absence de fil est une bénédiction pour manipuler des haltères et pour bouger librement la tête.

L’informatique dans les oreilles, ou par terre

Que les AirPods tiennent dans les oreilles d’une douzaine de personnes ne veut pas dire qu’ils tiendront dans toutes les oreilles. De nombreux utilisateurs se plaignaient de la tenue des EarPods, et l’on commence à en entendre se plaignant de la tenue des AirPods. Ce qui les distingue de la masse des utilisateurs satisfaite des écouteurs d’Apple ? Peut-être leur tragus plus court ou plus haut que la moyenne, et leur antitragus moins saillant. Ces « volets » protégeant l’ouverture du conduit auditif externe procurent un point d’appui indispensable.

À ce problème ponctuel s’ajoute un problème universel : mon oreille gauche n’est pas identique à mon oreille droite, votre oreille droite n’est pas identique à votre oreille gauche. Vous aurez sans doute donc l’impression qu’un écouteur tient mieux en place que l’autre, parce qu’une de vos oreilles est légèrement plus petite, et sentirez peut-être l’un glisser plus que l’autre lorsque vous mettrez la tête en arrière ou sur le côté. L’approche « une taille pour tous » d’Apple atteint là ses limites…

…ce qui explique sans doute qu’elle propose d’autres écouteurs sans-fil par le biais de sa filiale Beats. Les futurs Beats X possèdent des embouts interchangeables plus traditionnels, tandis que les Powerbeats3 possèdent un solide arceau. Les deux conservent toutefois un fil, mais les choix d’écouteurs sans-fil concurrents ne manquent pas. Une chose est sûre : le plus grand obstacle à l’adoption des AirPods réside dans les variations morphologiques individuelles.

Un appairage en un temps, un mouvement

Que vous choisissiez finalement des AirPods ou des écouteurs Beats, vous pourrez profiter des fonctions apportées par la puce W1, la première puce sans-fil conçue par l’équipe issue de l’acquisition de Passif Semiconductor en 2013. La puce W1 règle d’abord le problème de l’appairage : il suffit d’approcher les écouteurs de l’iPhone pour qu’ils soient reconnus. Les propriétaires de smartphones Android et d’accessoires dotés d’une puce NFC auront levé les yeux au ciel en lisant cette phrase, avec raison d’ailleurs, puisque le partage de casques et écouteurs NFC demeure plus immédiat et plus naturel que celui d’AirPods.

La puce W1 n’est cependant pas une puce NFC off the shelf. C’est une puce Bluetooth, d’abord, ce qui signifie que vous pouvez utiliser les AirPods non pas seulement avec un iPhone, mais aussi avec un smartphone Android, un Mac ou un PC, ou n’importe quel appareil Bluetooth. C’est une puce conçue par Apple, ensuite, qui ne se contente pas des technologies actuelles, mais inclut déjà certains aspects du futur standard Bluetooth 5. Et c’est un contrôleur perfectionné, enfin, qui s’adapte en permanence à l’environnement pour fournir la meilleure connexion possible.

Mais je m’avance : avant de parler de la connexion, encore faut-il se connecter ! L’appairage du Beats Solo3 Wireless, premier et seul casque doté de la puce W1, demande la pression d’un bouton. Celui des AirPods débute… en ouvrant leur boitier. Un panneau apparait à l’écran de votre iPhone avant même que vous n’ayez eu le temps de sortir les écouteurs : appuyez sur le bouton Connexion, et vous pourrez immédiatement commencer à écouter de la musique. On peut difficilement faire plus simple…

…et ça l’est pourtant sur vos autres appareils, pourvu qu’ils soient connectés au même compte iCloud que votre iPhone. Les AirPods y apparaitront illico dans la liste des sources audio, d’où vous pourrez vous y connecter d’un tap ou d’un clic, et ainsi passer très facilement de l’iPhone au Mac et du Mac à l’iPad par exemple.

Mais pas à l’Apple TV : la petite boite noire d’Apple ne détecte les AirPods qu’à condition de lancer un appairage manuel, en pressant le bouton au dos du boitier pendant quelques secondes, comme vous le feriez pour les connecter à un smartphone Android ou à l’iPhone d’un proche. Étrange.

Un boitier aussi important que les écouteurs

Vous l’aurez compris, le boitier est une pièce centrale de l’expérience des AirPods, en tous cas celle que vous manipulerez le plus souvent. Une manipulation fort agréable : un aimant procure juste ce qu’il faut de résistance pour éviter l’ouverture inopinée du couvercle, mais au contraire pour l’accélérer vers un « clac » net à la fermeture, deux opérations assistées par une charnière métallique solide, mais fluide. L’écouteur gauche est à gauche, l’écouteur droit est à droite — entre les deux, une diode s’allume pour indiquer le niveau de charge ou clignote pour signaler un éventuel problème.

Le boitier des AirPods est plus petit que celui des K’asq ou des Bragi Dash, que nombre d’étuis pour écouteurs intra-auriculaires, ou encore qu’une boite de chewing-gums. Cela signifie qu’il s’oublie facilement au fond d’une poche, un avantage dans la rue et un inconvénient dans la machine à laver, mais aussi qu’il est parfois difficile d’en extraire les AirPods. Si vos doigts sont moites ou que vous portez des gants, vous devrez sans doute vous y reprendre à plusieurs fois. Si les AirPods doivent tomber, ce sera à ce moment, pas une fois qu’ils seront dans vos oreilles.

« Il suffit de retourner le boitier et de le secouer ! », me direz-vous. Bien tenté, sauf que d’autres aimants maintiennent solidement les AirPods en place. Ils permettent d’ailleurs de replacer les écouteurs sans y faire vraiment attention : ils les attirent vers le fond, et les courbes du boitier forcent la rotation des écouteurs dans la bonne direction. La partie métallique à l’extrémité de la tige touchera alors deux contacts, et la minuscule batterie des écouteurs puisera alors de l’énergie dans la relativement grosse batterie du boitier.

Selon notre test avec 100 pistes en AAC 320 et 100 pistes en ALAC, le volume réglé à 50 %, les AirPods tiennent un peu plus de 5 h sur une charge. À l’issue des trois cycles du test, la batterie du boitier avait encore suffisamment de réserve pour charger celle des écouteurs une quatrième et une cinquième fois, au-delà donc des estimations d’Apple. L’ensemble devrait donc largement tenir une semaine d’utilisations variées, au terme de laquelle on rechargera le boitier à l’aide du câble Lightning (fourni, caché au fond de la boite) et d’un chargeur 5 W (pas fourni).

Mieux : une dizaine de minutes de charge offre plus de deux heures d’autonomie. En cas de panne inopinée au cours d’un appel, une grosse minute de charge donnera un bon quart d’heure pour boucler la discussion. Or, comme les AirPods se chargent à chaque fois que vous les mettez dans leur boitier, c’est-à-dire à chaque fois que vous enlevez de vos oreilles pendant plus de quelques secondes, le risque de panne inopinée est bien maigre. Cerise sur le gâteau, ce genre de petites charges répétées est idéal pour la bonne tenue des batteries au lithium dans le temps.

W1, du Bluetooth aux stéroïdes

Après ce détour par le boitier, revenons donc aux écouteurs. La plupart des produits concurrents sont conçus de telle sorte qu’un écouteur se connecte à la source audio en Bluetooth, et transmet le signal à l’autre écouteur en Bluetooth ou avec un autre protocole. Cette approche respecte à la lettre le standard Bluetooth tel qu’il existe aujourd’hui, mais entraine des problèmes de fiabilité (votre tête, entre les deux écouteurs, est pleine d’eau) et de latence (l’écouteur « esclave » reçoit le signal après l’écouteur « maitre »). Apple a donc choisi une autre route : chaque écouteur reçoit son propre signal audio, et la puce W1 s’assure de la parfaite synchronisation des deux.

Cette approche distingue Apple de tous ses concurrents… mais a valu quelques migraines à ses ingénieurs. Selon nos sources en effet, le retard des AirPods n’est pas étranger aux difficultés à maintenir la synchronisation des deux signaux, et dans une moindre mesure à des défauts du boitier. Des problèmes réglés entre l’annonce et la commercialisation : il est impossible de détecter le moindre décalage entre les deux écouteurs, ou entre le son et l’image. Une fois les fêtes passées, les ingénieurs vont toutefois devoir se remettre au travail : on peut parfois entendre de toutes petites coupures des signaux.

La portée des AirPods est pourtant excellente, et leur résistance aux interférences exemplaire, puisqu’ils ont franchi sans peine le « carrefour de la mort » voisin de notre rédaction, une intersection très exposée où la plupart des appareils Bluetooth grésillent ou coupent. Mais un de mes collègues se plaint de micro-coupures, un phénomène que je n’ai pas expérimenté personnellement, mais que plusieurs lecteurs confirment.

Certains les ont remarquées pendant un appel, d’autres lors de l’utilisation de l’Apple Watch, d’autres encore en changeant rapidement de morceau dans Apple Music… Les témoignages sont trop épars pour que l’on puisse y voir un problème général, mais ils sont suffisamment nombreux pour que l’on doive les entendre. Disons que la fiabilité des AirPods n’est pas absolument parfaite, mais qu’elle est seulement excellente, en tout cas meilleure que celle des dizaines d’écouteurs et de casques Bluetooth que j’ai testés ces dernières années.

Petits écouteurs, grande intelligence

Outre la puce W1 et une antenne, les AirPods contiennent chacun deux capteurs infrarouge, deux accéléromètres, et deux micros à filtrage spatial. Les capteurs infrarouge détectent la présence de l’oreille : retirez un écouteur, et la musique se met en pause ; remettez-le, et elle repart. Le mouvement — on retire un écouteur pour tendre l’oreille — est parfaitement naturel, mais la musique peut repartir si l’on couvre les capteurs avec les doigts, et ne se met pas en pause dans toutes les applications sur macOS.

Les accéléromètres détectent quant à eux les chocs et les vibrations. Vous serez peut-être surpris d’apprendre qu’ils jouent un rôle crucial dans la transcription des commandes vocales : ils aident à choisir entre deux sons similaires en « sentant » les mouvements de la mâchoire. Ils sont d’ailleurs indispensables à la captation des commandes vocales, puisqu’ils détectent les deux taps sur l’écouteur nécessaires au déclenchement de Siri.

L’intégration de Siri pose deux problèmes théoriques majeurs. D’abord, Siri ne fonctionne pas sans accès à internet. Or tous les contrôles de lecture passent par Siri : tapez sur vos AirPods pour leur demander de monter le volume pour couvrir le bruit du métro… et ils vous répondront « Siri non disponible. Vous n’êtes pas connecté à internet. » iOS comporte pourtant un système de contrôle vocal (celui qui a précédé Siri) ne nécessitant aucune connexion… mais il faut maintenant désactiver Siri pour y accéder !

Ensuite, la portée de Siri est limitée aux applications d’Apple, à quelques services partenaires, et aux rares applications ayant intégré son API. Cela ne vous posera aucun problème si vous êtes abonné à Apple Music, mais vous ne pourrez donc pas contrôler Spotify ou Tidal à la voix. Les AirPods participent pleinement de la fermeture de l’écosystème Apple, et compliquent encore un peu les velléités d’indépendance.

L’intégration de Siri pose aussi deux problèmes pratiques majeurs. D’abord, il faut attendre quelques secondes et le retentissement de son « bip bip » caractéristique avant de pouvoir lui passer une commande. Quand on a pris l’habitude du « Dis Siri » derrière lequel on peut enchainer sans délai, ce temps d’attente fait faire un bond en arrière. Ensuite et surtout, la combinaison des deux accéléromètres et deux micros ne suffit pas toujours à capter correctement le son de la voix.

Dans une pièce calme, Siri vous comprendra même si vous parlez dans votre barbe, un comportement digne des meilleurs films d’anticipation. Partout ailleurs, Siri vous demandera fréquemment de répéter une commande, quand il ne vous enverra pas sur les roses en vous disant qu’il n’a pas compris. Même perché au bout d’une tige un peu plus longue, le micro principal est loin de la bouche : vos correspondants téléphoniques vous entendront clairement, mais comme distants, et c’est peut-être cette distance qui gêne Siri.

C’est dommage, car cette extension physique de Siri est certainement l’usage le plus intrigant des AirPods. On s’habitue vite à avoir une intelligence artificielle au creux de l’oreille, prête à prendre une note, annuler un rendez-vous, chercher une information sur Wikipédia, et mettre de la musique bien sûr. Apple va continuer à investir massivement dans ce domaine, c’est certain — mais pour le moment, les AirPods ne permettent que d’effleurer la surface des possibilités.

Vous voudrez donc peut-être assigner le « tap-tap » à une autre fonction que Siri. C’est possible, à condition que cette fonction soit la mise en pause. Rendez-vous dans la section Bluetooth des Réglages de votre iPhone, touchez le i à droite du nom de vos AirPods, puis choisissez l’option dans la liste Toucher 2x les AirPods. Tant que vous y êtes, vous pourrez aussi choisir de couper la mise en pause automatique, par exemple si vous aimez écouter la musique d’une seule oreille. Les réglages sont stockés sur les écouteurs, aussi fonctionneront-ils de la même manière sur un Mac ou sur un appareil Android, mais il faut un iPhone ou un iPad pour les modifier.

Une fois Siri coupé, vous chercherez peut-être comment régler rapidement le volume. En attendant une deuxième génération pourquoi pas dotée de capteurs capacitifs sur la tige, vous essayerez sans doute d’actionner les boutons de volume de votre iPhone dans la poche de votre pantalon ou au fond de votre sac à main. Mais si vous avez une Apple Watch, n’oubliez pas l’existence de l’écran « À l’écoute », qui permet de régler le volume à l’aide de la couronne digitale. Oui, vous avez bien lu : l’Apple Watch est un accessoire des AirPods.

Un son satisfaisant

« À l’écoute », donc. Soyons très clairs, et économisons-nous des pages de commentaires : vous n’aurez aucun mal à trouver une paire d’intras ou un casque offrant une meilleure qualité sonore que les AirPods pour un prix deux fois inférieur. Mais vous savez quoi ? Vous n’aurez aucun mal non plus à trouver un navire de croisière plus confortable qu’un sous-marin nucléaire, ou des pommes plus sucrées que des poireaux. Comparons donc les AirPods avec des produits comparables, c’est-à-dire des écouteurs « bouton » et des écouteurs sans-fil.

Dans ce cadre, les AirPods offrent un son tout à fait satisfaisant. Les basses sont bien présentes, mais ni particulièrement profondes ni franchement percussives, puisqu’elles sont essentiellement obtenues par résonance (bouchez un des évents assurant la circulation de l’air dans les écouteurs, et ils sonneront comme un vieux poste de radio). La petite « bosse » dans les médiums rend l’écoute de podcasts et la lecture de films particulièrement agréable, et participe à l’intelligibilité des voix pendant les appels.

Comme les aigus sont plus « voilés », l’écoute des AirPods n’est jamais fatigante, en contrepartie de quoi les cymbales ont du mal à s’imposer face à la grosse caisse, par exemple. Les écouteurs d’Apple isolant peu des sons extérieurs, vous aurez peut-être tendance à monter le son : vous remarquerez alors que l’équilibre général n’évolue pas, et que la distorsion n’augmente pas de manière déraisonnable. Personne n’utilisera les AirPods pour étudier toutes les subtilités d’un morceau complexe, mais personne n’aurait sérieusement eu cette idée en premier lieu.

Un prix raisonnable pour de bons écouteurs sans-fil

Lorsque les AirPods n’étaient encore qu’une annonce, vous faisiez partie des critiques ? Maintenant qu’ils sont disponibles, vous devriez probablement leur donner une chance. Apple a surmonté quelques-uns des écueils les plus gênants des écouteurs vraiment sans-fil, et les AirPods peuvent se targuer d’une excellente autonomie, d’une connexion robuste, et d’une qualité sonore satisfaisante.

La firme de Cupertino joue à fond la carte de l’intégration à son écosystème, et s’il est certain que la puce W1 procure un confort d’utilisation difficilement égalable par la concurrence, l’intégration de Siri est encore largement déficiente, quoique très prometteuse. Elle pourrait jouer plus franchement la carte du prix, les AirPods n’étant pas les écouteurs sans-fil les moins chers du marché, loin de là.

Reste à régler deux questions. La première, celle des micro-coupures ou grésillements, est encore en suspens et peut se régler par des mises à jour logicielles. La deuxième, celle de la forme de vos oreilles, ne se règlera pas de sitôt. Apple a fait un choix, son choix habituel, celui de la taille unique. Les AirPods peuvent se targuer d’une excellente autonomie, d’une connexion robuste, et d’une qualité sonore satisfaisante, peut-être ne vous iront-ils tout simplement pas.

Prix :

<a href="https://apple.sjv.io/c/1334666/435300/7616?u=http://store.apple.com/fr/xc/product/MMEF2">179 €</a>

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